© Europlasma

Pourquoi importer à prix d’or du pétrole, du gaz ou de l’uranium pour produire de l’électricité s’il est possible d’en produire à partir de déchets domestiques, industriels ou agricoles récupérés à proximité ? D’aucuns répondront que ce rêve écolo est bien joli, mais que ce n’est pas en brûlant des copeaux de bois ou des vieux tissus que l’on va alimenter l’Hexagone en électricité. Peut-être, mais en est-on tout à fait sûr, surtout si l’on combine ce mode de production au solaire, à l’éolien, à la force des marées, etc. ? Au total, l’énergie produite finirait par représenter quelques kWh, tout de même.
Prenons par exemple le cas de la centrale CHO Power, pilotée par la société bordelaise Europlasma, dont la première pierre sera posée le vendredi 11 février 2011 à Morcenx, dans les Landes. Lorsqu’elle sera opérationnelle, cette centrale de 12 MWe produira suffisamment d’électricité — qu’elle revendra à EDF pendant vingt ans — pour subvenir aux besoins de 50 000 personnes chaque année. Avec quel combustible? Les déchets produits par les entreprises des Landes et des départements limitrophes, soit pour l’essentiel du carton, du bois, du papier et du tissus, qui ne contiennent aucun composant dangereux. Cette usine valorisera ainsi chaque année 50 000 tonnes de biomasse et de déchets, qui sont aujourd’hui envoyés vers des décharges lointaines. CHO Power permettra donc à la fois d’éviter des transports coûteux et polluants et le stockage en décharge, qui n’est jamais une solution.
Une fois en activité, normalement en 2012, la centrale de Morcenx sera alors la première usine de production d’électricité par gazéification de déchets et de biomasse en Europe. Ce n’est pas tous les jours que l’Hexagone est leader en termes de production d’énergies vertes. Sauf à considérer bien sûr que l’énergie nucléaire en est une, comme ses promoteurs l’assurent le plus sérieusement du monde…