Etude Deloitte sur le luxe

Le cabinet Deloitte a récemment dévoilé une étude sur le secteur du luxe intitulée Global Powers of Luxury Goods 2015. Premier enseignement : ce sont toujours les principaux groupes qui dominent le marché, à savoir le Français LVMH, le Suisse Richmont et l’Américain Estée Lauder. Deuxième enseignement : de nouveaux noms venus d’Asie s’affirment de plus en plus, comme l’illustre le Hongkongais Chow Tai Fook Jewellery Group (joallier), qui pointe désormais à la 4e place des 100 premiers acteur du luxe mondial. Au total, 6 entreprises chinoises-hongkongaises figurent parmi les 25 premières.
Deuxième observation : en nombre d’entreprises, ce sont les Italiens qui dominent le marché avec 29 entreprises classées, devant les Etats-Unis (15) et la France (11)*. En termes de chiffres d’affaires global, c’est en revanche la France qui arrive en tête.
Pour autant, la prépondérance du luxe italien est bien réelle et devrait être encore plus importante puisque nombre d’entreprises transalpines sont désormais intégrées à LVMH — Fendi, Bulgari, Loro Piana, Emilio Pucci, Acqua di Parma — et à Kering (ex PPR) — Gucci, Bottega Veneta, Brioni, Sergio Rossi, Pomellato).

Conglomérats ou entreprises familiales intégrées ?
Une des principales différences entre les entreprise françaises et italiennes du luxe est en effet que les premières sont des conglomérats de marques internationales parmi lesquelles les françaises sont très minoritaires (Louis Vuitton chez LVMH ou Saint-Laurent chez Kering). Les marques italiennes sont au contraire le plus souvent des entreprises familiales intégrées, qui se transmettent de génération en génération et qui disposent de leurs propres capacités de production. Ce dernier point est en effet essentiel et constitue une autre différente — et finalement un point commun : si les marques italiennes fabriquent en Italie, les principales marques françaises (Dior, Saint-Laurent, Lanvin ou encore Hermès et Vuitton pour le prêt-à-porter et les chaussures) ne fabriquent pas en France, mais en Italie. Seule la maroquinerie — Louis Vuitton, Chanel, Hermès ou encore Longchamp — échappe en partie à cette règle. Finalement, cosmétiques et parfums (L’Oréal Luxe, Clarins, Sisley, Nuxe…) paraissent être les véritables spécialités françaises. Cela peut-il suffire à l’Hexagone pour être durablement considéré comme la patrie du luxe ?

* Le contingent français pourrait cependant être un peu plus important puisque le groupe Chanel est étonnamment absent de cette étude…

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