Vélo électrique fabriqué en France, par Coleen
Les moteur et batterie du vélo électrique Coleen sont fabriqués en France. © Coleen

Il suffit de sillonner les rues des villes françaises pour comprendre que le vélo s’y porte bien. Certes l’Hexagone n’est pas encore le Danemark ni les Pays-Bas : ceux qui préfèrent rester coincés une demi-heure dans leur voiture plutôt que de pédaler un quart d’heure pour aller au même endroit y sont toujours beaucoup plus nombreux. Il n’en reste pas moins vrai que la pratique du vélo se développe et que, même si c’est à la marge, il est possible de s’équiper tricolore.
Il y a d’abord quelques acteurs grand public comme le Suédois Cycleurope, qui assemble en France les modèles Peugeot et Gitane ; La Manufacture française de Cycles et ses vélos de marques Nakamura, Sunn ou distributeurs ; puis Arcade, Lapierre, etc. Ensuite, il y a les spécialistes du vélo électrique comme Moustache, qui s’est rapidement imposé sur le marché haut de gamme, Neomouv ou encore le groupe EasyBike, converti au made in France depuis le rachat des marques Solex et Matra et l’implantation d’un site d’assemblage à Saint-Lo. D’autres petites entreprises, en particulier des artisans qui peaufinent des vélos à l’ancienne, participent elles aussi à la santé retrouvée de la bicyclette en France. Tous ou presque ont un point en commun : ils importent la majorité des composants qu’ils assemblent.

Maison Tamboite, vélo de luxe fabriqué sur mesure à Paris
Acier, bois, cuir… Chez Maison Tamboite, tout est travaillé patiemment, à la main et sur mesure. © Maison Tamboite

Un nouveau venu, Coleen, a quant à lui décidé de trouver en France les éléments que les autres font venir de l’étranger. Les modèles à assistance électrique de cette nouvelle marque embarquent ainsi un moteur et une batterie fabriqués en France, en Nouvelle-Aquitaine, non loin de Bayonne, ville où est implanté cette jeune entreprise. Un Coleen allie modernisme et tradition, carbone et cuir, raffinement et dépouillement. Un cocktail qui a un prix et qui n’est pas à la portée de tous. C’est aussi — et plus encore peut-être — ce que déplorent les admirateurs de Maison Tamboite, une très ancienne maison parisienne qui, depuis 1912, bichonne à la main des machines uniques faites d’acier, de bois et de cuir. Fabriqués sur mesure, les vélos Tamboite sont des bijoux qui s’adressent à des passionnés fortunés, voire à des citadins célibataires aisés qui, pour se déplacer, préfèrent investir 15 000 euros dans une bicyclette d’exception plutôt que dans la voiture de M. Tout-le-Monde.

Les casques de vélo haut de gamme Egide sont made in France
Cuir ou carbone ? Et pourquoi pas kevlar ou fibre de lin ? Peu importe : tous les casques Egide sont fabriqués en France. © Egide

Au rayon des accessoires aussi il est possible de trouver des productions locales. Et cela, forcément, à des tarifs beaucoup plus abordables…
Parce que circuler en ville c’est aussi, malheureusement, respirer les gaz d’échappement, de nombreux modèles de masques anti-pollution sont désormais commercialisés. Parmi eux figurent ceux de trois jeunes entreprises françaises, à savoir Wair, Mask Generation et R-Pure. Particularité des produits de ces marques : ils sont fabriqués dans l’Hexagone. C’est également le cas des magnifiques créations d’Egide, qui ne sont toutefois pas destinées à protéger les bronches des cyclistes, mais leur tête. Les casques Egide, qu’ils soient recouverts de cuir ou constitués de matériaux high-tech — carbone, kevlar ou fibres de lin — conjuguent trois qualités : ils sont efficaces, beaux et produits localement. Un autre start-up tricolore, Velco, a mis au point un guidon pas-du-tout-comme-les-autres. Baptisé Winkbar, celui-ci intègre en effet des dispositifs de géolocalisation et d’éclairage (ainsi que les batteries). Relié à un smartphone, le Winkbar made in France permet au « pilote » de se diriger facilement, via des signaux lumineux : ça s’allume à gauche, on tourne à gauche ; à droite on oblique à droite et on continue tout droit si les deux côtés sont allumés. De puissantes — mais très discrètes — Led implantées sur l’avant permettent en outre de voir et d’être vu la nuit.

Selle vélo en cuir Berthous, made in France
Il y avait jadis les selles Idéal ; il y a désormais les selles Berthoud Cycles, made in France. © Berthoud Cycles

Toujours au rayon guidon, Velox fabrique — en Ile-de-France — de la guidoline, autrement dit du ruban adhésif qui recouvre les emplacements des mains. C’est même cette entreprise, active depuis 1903, qui a inventé le terme guidoline, en 1950. Cette longue histoire, Beau Vélo ne peut pas la revendiquer. Cela n’empêche pas cette marque de commercialiser de très élégantes poignées en cuir, des serre-pantalon, des wrap, etc. C’est également dans du cuir et en France que sont fabriquées les selles de chez Berthoud Cycles. Ou comment s’offrir un modèle vintage, confortable et naturel sans recourir à la traditionnelle Brooks…
Parce qu’un vélo ça a des pneus — des Hutchinson made in France par exemple — et que des pneus ça se dégonfle de temps à autres, Zéfal produit dans le Loiret une pompe à pied en bois et en alumium anodisé. Elle est certes plus chère — une quarantaine d’euros — que les pompes importée d’Asie, mais beaucoup moins que certains équivalents italiens.
Pour ce qui est de l’éclairage enfin, Décathlon a conçu plusieurs produits amovibles à accrocher sur un sac à dos, un casque ou, bien sûr, à l’avant et à l’arrière d’un vélo. Fixes ou clignotantes, rouges ou blanches, ces petites lumières made in France se rechargent via une prise usb. Simples, pratiques et bon marché.