Manifestations : le changement c'est maintenant

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Hier les chauffeurs de taxi ou les pilotes de ligne, aujourd’hui les pharmaciens, les notaires, les avocats, ou encore les retraités… Et demain ? Etonnante cette nouvelle habitude que semblent adopter ceux qui, il n’y a pas si longtemps, se vantaient de ne pas avoir le temps de battre le pavé, contrairement à d’autres. Les prémices de ce changement sociologique étaient déjà apparus il y a quelques mois lors de la mobilisation contre le mariage pour tous. Là aussi, les membres des cortèges affirmaient haut et fort ne pas avoir l’habitude de bloquer la circulation. Certains parmi eux étaient pourtant dans la rue 1999, pour empêcher l’application du Pacs. En 1984, les mêmes — ou leurs parents peut-être — avaient paralysé les grandes villes pour défendre l’école libre. A croire que si la « gauche » s’éternisait au pouvoir, le profil traditionnel des manifestants s’en trouverait durablement chamboulé…
Quelle que soit l’opinion de chacun quant aux motivations des uns ou des autres, une chose est sûre : il ne faut jamais dire « fontaine je ne boirai pas de ton eau ». Il ne faut pas davantage condamner tel mouvement de rue parce qu’il serait motivé par la défense de privilèges d’un autre âge, qu’il est grand temps de supprimer. Chacun défend bec et ongle ses propres intérêts, qui ne sont ni plus justifiés ni plus condamnables que ceux des autres. Vouloir réformer un pays en ne s’attaquant qu’aux avantages acquis de ceux qui figurent dans l’autre camp n’est ni juste ni efficace, mais tellement plus facile. Finalement, parvenir à mettre dans les rues les foules supposées de gauche et de droite est peut-être bon signe. Même si l’impression première est que, dans notre petit Hexagone, ne vivent que des gens mécontents de leur sort.

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