image-34Le bio entre lentement dans les habitudes de consommation de chacun, même si son prix plus élevé fait encore obstacle à un développement plus large. Les principales enseignes de la grande distribution l’ont d’ailleurs compris, qui pour beaucoup ont désormais leur propre ligne de « produits écologiques », à des tarifs généralement inférieurs. Après avoir investi nos assiettes, ces produits verts se retrouvent aujourd’hui dans les cosmétiques, dans les produits d’entretien ou dans le textile. Les jeunes marques sont nombreuses à ainsi proposer, par exemple, des gammes de t-shirts, de jeans ou de sous-vêtements en coton bio. Pour certains, il s’agit d’un engagement sincère pour promouvoir une consommation différente. Pour d’autres, le propos est davantage de surfer sur la vague et d’en engranger les bénéfices. Et après tout peu importe si le résultat est positif pour tout le monde. Reste précisément à savoir si c’est la cas. Est-il vraiment écologiquement si responsable que cela de consommer des produits bio, quels qu’ils soient, si ces mêmes produits, censés ménager l’environnement, ont franchi en avion ou en bateau des milliers de kilomètres pour arriver chez nous ? Certaines matières premières ne sont malheureusement pas disponibles en France, et il est impossible de ne pas les importer.

“Pour nous, le Made in France s’est imposé…”
Ainsi, bio ou non, le coton vient d’ailleurs, alors autant utiliser une matière première cultivée et récoltée dans des conditions respectueuses de l’environnement. Mais ensuite, est-il indispensable de faire confectionner les produits dans des pays à bas coût, avant de les faire rapatrier en France ? Violette Tuffier, créatrice de la marque de linge de maison écologique  Couleurchanvre, ne semble pas de cet avis. « Pour nous, le Made in France s’est imposé et fait partie de notre philosophie inébranlable. Pour des raisons évidentes de cohérence avec notre démarche, nous cherchons à réduire les impacts sur l’environnement, et ce de la plante au produit fini. Il était donc important de réduire les consommations de CO2 et les transports polluants. Nous avons ainsi apporté une dimension éthique à notre projet. » La matière première utilisé par Couleurchanvre permet cette démarche. La France est en effet le premier producteur européen de chanvre. Pas besoin de l’importer. Et pour ce qui est de la confection? « Nous sommes conscients, en donnant régulièrement du travail à des ateliers français, de les aider à subsister. Nous avons noué avec eux d’excellentes relations de proximité, et ils sont vraiment désireux de nous accompagner dans notre développement », explique Violette Tuffier. Une fois les draps, les housses de couettes, les nappes ou les rideaux confectionnés, il faut leur donner de jolies couleurs. Et là aussi, le souci du respect de l’environnement est constant, comme il est d’ailleurs clairement précisé sur le site Internet de la marque : ici c’est « teinture végétale, sinon rien ».
Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes… Pas aussi simple : « Nous avons assisté à de nombreuses fermetures d’entreprises et nous avons aussi, parfois, affaire à des gens qui ne sont pas à la hauteur et qui finissent par vous dégoûter de fabriquer en France! », déplore cette chef d’entreprise. Des propos qui reviennent souvent, malheureusement, dans la bouche de jeunes entrepreneuses et entrepreneurs, pourtant animés des meilleures intentions. Au final, ces entreprises sont, à l’image de Couleurchanvre, d’autant plus méritantes de continuer, coûte que coûte, a fabriquer en France.

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