D’accord on a eu chaud. Mais finalement, ça a tenu! Et ça repart fort, même plus que prévu. La Bourse, après avoir bafouillé quelques mois, reprend son ascension. Les banques engrangent les bénéfices et planifient la distribution des bonus. Paraîtrait même que l’immobilier reprendrait du poil de la bête… Bref, plus de peur que de mal.

On prend les mêmes…
Dernière preuve en date qu’il ne s’est finalement rien passé : la réélection de M. Barroso à la tête de la Commission européenne. Le Monde nous apprend ainsi qu’il « a fait le plein des voix dans son propre parti, le PPE, dont il était le candidat et (qu’)il a reçu le soutien de trois quarts des libéraux, des conservateurs eurosceptiques [britanniques, tchèques et polonais] et de certains socialistes ». Quelques mauvais coucheurs ont cependant essayé d’empêcher cette réélection : « Si les socialistes portugais, espagnols ont voté “oui”, les socialistes français ont dit “non” à M. Barroso, car selon leur chef de file, Catherine Trautmann, il “nous a montrés qu’il manquait de courage dans des moments critiques” ». Enfin bref, l’essentiel est préservé, les affaires vont pouvoir reprendre.
Pourtant, une poignée de pays ne l’entendent pas de cette oreille et on décidé de faire d’autres choix. Ainsi le Japon a-t-il mis fin à la domination sans partage du parti conservateur, le PLD, aux affaires depuis cinquante-quatre ans. Il vient de désigner un homme de gauche,
Yukio Hatoyama, membre du PDJ, pour diriger le pays. Mais le Japon, c’est loin, les situations ne sont pas comparables…

Heureux hommes du Nord
D’accord. Plus près de nous cependant, les Norvégiens ont renouvelé leur confiance au parti de centre-gauche, comme on dit désormais. Ligne forte du programme des vainqueurs : plus d’Etat providence, pas de réduction d’impôts. L’exact opposé de ce qu’on nous prépare ici. Mais comment font-ils, ces Norvégiens ? D’abord, ils ont du pétrole. Le pays est effet le troisième exportateur mondial d’or noir. Il est plus facile d’être généreux quand on est riche. C’est sûr. Cela dit, la quasi-totalité des Nigérians, des Gabonais ou des Algériens savent que ce n’est pas aussi simple. Leur pays sont riches, eux sont très pauvres. Et de toute façon, il n’est pas nécessaire de gagner plus pour être heureux — à condition d’avoir un minimum pour vivre, cela va sans dire. D’autres Scandinaves, les Danois, sont ainsi les femmes et les hommes les plus heureux sur notre terre. Leur recette : des attentes modestes, le taux d’imposition le plus élevé de l’UE et son corolaire, la société la moins inégalitaire.

25 millions de chômeurs en plus
Selon l’OCDE, la crise actuelle — ou plutôt celle d’hier, puisqu’on en est sorti — a déjà fait plus de 15 millions de nouveaux chômeurs parmi ses trente pays membres. Et combien dans tous les pays non-membres ? En France, le taux de chômage devrait grimper à 11% dans les mois à venir, voire à 11,5% dans la zone euro. Ce taux est actuellement de 3% en Norvège, soit le plus faible en Europe. En Europe, mais pas dans l’UE, car rappelons que les Norvégiens ont choisi de ne pas adhérer à l’Union et qu’ils n’ont, par conséquent, pas participé à la reconduction de M. Barroso. Toujours selon l’OCDE, le nombre total de personnes privées d’emploi devrait atteindre 25 millions d’ici à la fin 2010, toujours parmi ses membres. Soit 10 millions de plus qu’aujourd’hui. Pas de doute : la crise est bel est bien derrière nous.