© La Maison du pastel

© La Maison du pastel

Les meilleurs pastels du monde sont fabriqués à une soixante de kilomètres de Paris, avant d’être vendus dans une discrète échoppe du 3e arrondissement de la capitale. Ce sont des peintres comme Sisley, Degas ou Vuillard qui, par leurs demandes, leurs souhaits, parfois leurs exigences ont permis d’imaginer, d’élaborer et de peaufiner les nuances qui composent la collection de La Maison du Pastel. Avant la Seconde Guerre mondiale, les pastels Henri Roché ont comporté jusqu’à 1 650 tons, qui valurent à l’entreprise la médaille d’or à l’Exposition Internationale de Paris, au Pavillon d’Ile-de-France, en 1937. Ils en comptent environ la moitié aujourd’hui, mais pour chaque gamme de couleurs, il existe toujours neuf tons différents, du plus foncé au plus clair.
Officiellement, La Maison du Pastel a été créée en 1878, par Henri Roché. En fait, le fabricant existait déjà un siècle et demi plus tôt, mais sous le nom de Maison Macle, édifiée en 1720.

« Je sais simplement que c’est vital pour moi… »
C’est Isabelle Roché qui prend en 2000 la succession de ses grandes-tantes —  alors âgées de 80 ans —, qui gardaient jusque-là jalousement les secrets de fabrication des pastels Henri Roché. Pourtant, origines mises à part, rien ne prédestinait la jeune femme à mettre les mains dans les pigments, à les mélanger aux argiles et aux liants pour en faire une pâte onctueuse, à faire sécher cette pâte avant de la découper en petits bâtonnets et d’y graver, opération ultime, la marque de la maison. « La première fois que j’ai apposé le petit sceau Roc sur un pastel, c’était jubilatoire, explique Isabelle Roché dans une vidéo que l’on peut visionner sur le site Internet de La Maison du pastel. Avant de me lancer dans cette aventure, je n’avais jamais rien fait de mes mains. J’étais ingénieur et je travaillais dans l’univers du pétrole. » Au diable donc la brillante carrière toute tracée. La jeune femme décide de tout abandonner pour que l’histoire du pastel et celle de sa famille continuent de s’écrire ensemble. « A chaque génération, les membres de ma famille ont eu la certitude de faire quelque chose de beau et qu’il ne fallait pas perdre ce que les autres avaient fait avant, poursuit-elle. Moi, j’ai presque trois cents ans d’histoire derrière moi. Ce truc-là, ça ne peut pas s’arrêter, il ne faut pas que ça s’arrête. (…) Même dans les moments difficiles, lorsque je ne m’en sortais pas financièrement, je n’ai jamais regretté d’avoir quitté mon ancien travail, d’avoir fait ce choix. » Puis de de conclure : « Je ne sais pas pourquoi je continue. Je ne sais simplement que c’est vital pour moi. »
Les pastellistes du monde entier lui en sont reconnaissants. Pour rien au monde ils ne semblent vouloir se passer de la douceur, du velouté et des couleurs éclatantes des bâtonnets Henri Roché de La Maison du Pastel.

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