C’est dans l’entre-deux-guerres, en 1927, que Claudius Devernois crée la marque Sionreved. Son entreprise, implantée dans le quartier de la Goutte-Marcellin, à Roanne, ne compte alors que trois ouvrières. Spécialité maison : le jacquard homme. Cinq ans plus tard, croissance oblige, Claudius Devernois et ses salariés s’installent au Coteau, toujours à Roanne, dans de nouveaux locaux.
Aujourd’hui, Sionvered n’existe plus. L’ancien anagramme a cédé la place au véritable nom du fondateur, et Devernois n’est plus un spécialiste du pull pour homme, mais un grand nom du prêt-à-porter féminin.
Plus de quatre-vingts ans après sa création, Devernois emploie environ 400 personnes. Ses vêtements sont pour l’essentiel commercialisés par le biais de ses 145 magasins succursales et affilés, de ses 40 franchises, des corners grands magasins et de sa boutique en ligne, depuis 2008.
Pour faire face à la concurrence et répondre à la demande de ses clientes, Devernois a dû élargir son offre. La fabrication d’une partie importante de ses collections est désormais externalisée, hors de France. Cependant, et contrairement à la majorité de ses concurrents, Devernois n’a pas tourné le dos à son histoire, à son passé industriel. Certes l’entreprise ne fabrique plus tout ce qu’elle vend — simplement parce qu’elle ne maîtrise pas tous les savoir-faire —, mais elle n’a pas sacrifié son outil productif.

Une production en partie intégrée
Au siège de l’entreprise, le même depuis 1932, un tiers environ des 130 employés sont chargés de la production. Sur place, on trouve ainsi un atelier de tricotage, composé de métiers rectilignes, de jauges 12 à 5, qui réalise les études de maille. C’est également ici qu’est produit l’essentiel des modèles maille vendus par la marque. Un autre atelier, chargé de la confection, complète cette structure industrielle et assure les séries courtes d’actualisation, de réassort. Et puis n’oublions pas l’atelier de modélistes, de patronnières, de mécaniciennes “premier prototype”, qui travaillent en étroite collaboration avec l’équipe de stylistes parisiennes.
Fidèles aux générations qui les ont précédés, les dirigeants actuels font vivre l’histoire et la tradition de cette entreprise familiale, malgré la concurrence intra et surtout extra européenne. Des métiers manuels traditionnels en voie de disparition dans l’Hexagone, comme le remaillage ou le montage maille par maille des finitions, sont ici toujours d’actualité…
Mais tradition ne veut pas dire immobilisme : pour preuve le récent lancement de la nouvelle marque Claudius, en hommage au fondateur de l’entreprise. Et grâce à Claudius, plus de question à se poser quant à l’origine des produits : cette petite collection est en effet intégralement made in France.

Claudius, de Devernois : des vêtements femme 100 % made in France