Moyen de gamme-haut de gamme
Les chaussures Kost sont fabriquées en partie dans le Maine-et-Loire. L’offre s’est étoffée au fil des années et consiste désormais en une gamme complète de modèles, qui va de la petite chaussure légère en toile pour l’été à la solide bottine à grosse semelle de gomme pour l’hiver. Kost Paris commercialise désormais des modèles importés du Portugal, en particulier de jolies sneakers, ainsi que des modèles plus haut de gamme. Grâce au coût de la main d’œuvre portugaise, ceux-ci sont commercialisé à des tarifs plus intéressants. Quant à Mephisto, que les Allemands croient allemande et les Italiens italienne, il s’agit bien d’un marque française. Raison de cette appropriation par les consommateurs de plusieurs pays : l’absence de marque d’origine. La direction de l’entreprise veut en effet faire de Mephisto la marque internationale par excellence et refuse par conséquent d’écrire made in France. Et pourtant, Mephisto dispose de deux grosses usines, en France et au Portugal. La plus grosse partie de la production se fait désormais dans ce dernier pays, mais il est probable que le marché français soit plus que les autres alimenté par l’usine lorraine de Sarrebourg, où sont en outre effectués entretiens, réparations, ressemelages, etc. On peut également se tourner vers les créations de La Botte Gardiane, fabriquées à 100 % dans l’Hérault, qui a considérablement élargi sa gamme et propose désormais des modèles allant de la sandale à la botte des gardians camarguais, cela pour homme, femme et enfant. Arcus, qui a délocalisé une partie des opérations de fabrication il y a quelques années, fabrique (assemble ?) cependant encore ses chaussures dans le Béarn. Certaines bottes en caoutchouc de chez Aigle sont encore made in France.

Basket, tennis, sneakers
Il est aujourd’hui possible d’acquérir des sneakers fabriqués dans l’Hexagone. Certes ces modèles sont encore rares, mais comme il y a peu il n’en existait plus aucun, il y a un réel progrès… Implanté à Romans, l’atelier Insoft fabrique ainsi les modèles cuir de la marque AtelierPM, ainsi que des tennis légères en textile, baptisées  Ino.
Marque grand public, Le Coq sportif commercialise depuis peu des sneakers homme et femme fabriquées dans les Vosges. L’entreprise vient d’ailleurs de racheter l’atelier auquel il sous-traitait leur fabrication.
La Gentle Factory, jeune marque de prêt-à-porter mixte exclusivement made in France, propose quant à elle un modèle classique de sneakers blanches, dans l’esprit des Stan Smith d’Adidas.
Enfin Montlimart, marque de prêt-à-porter homme qui fait fabriquer en France et ailleurs, propose plusieurs modèles de sneakers en cuir et en toile manufacturés en France, dans le Maine-et-Loire.

Haut de gamme-luxe
Côté hommes, quelques entreprises perpétuent — où tentent de faire renaître — un savoir-faire ancien. Commençons par JM Weston, le symbole du soulier de qualité made in France. L’entreprise limousine fabrique toujours l’essentiel de ses modèles dans sa région d’origine (quelques modèles « décontractés » sont en revanche importés). Elle est même une des seules à posséder ses propres tanneries, pour les tiges (les Tanneries du Puy), mais aussi pour les semelles de ses chaussures. Egalement positionné très haut de gamme, Robert Clergerie (ex Joseph Fenestrier) commercialise des collections essentiellement fabriquées en France, à Romans-sur Isère, cela même si l’entreprise appartient désormais à un groupe de Hong-Kong. C’est d’ailleurs clairement indiqué sur la semelle. Quand ce n’est pas le cas, c’est que « ça » vient d’ailleurs. Encore plus simple chez Joseph Malinge : ici, toutes les chaussures sont fabriquées dans le Maine-et-Loire. Les collections Paraboot sont elles aussi en très grande majorité fabriquées dans l’Hexagone (Isère). L’entreprise a même récemment rapatrié en France la fabrication de modèles “sport” précédemment produits au Portugal. Même principe que pour Weston ou Clergerie : quand c’est made in France, c’est écrit dessus, ou dessous… Quant à l’Alsacien Heschung, il a délocalisé l’essentiel de la fabrication de ses modèles en Hongrie il y a plusieurs années déjà. Aujourd’hui, alors que le « fabriqué en France » retrouve de son lustre passé, l’entreprise produirait à nouveau dans l’Hexagone, l’essentiel des modèles venant cependant toujours de Hongrie. Difficile en tout cas de distinguer le made in France du reste, aucune indication de fabrication ne figurant sur les chaussures. Un même modèle peut semble-t-il être produit dans les deux pays, selon les besoins, les réassorts, etc.. Ce qui ne fait aucun doute en revanche, c’est que les souliers Heschung sont d’excellente qualité. C’est également le cas chez Jean-Baptiste Rautureau, marque sœur de Free Lance chez les femmes, dont les modèles sont créés en Vendée par Guy Rautureau, dirigeant de l’entreprise et fils du fondateur. La fabrication se fait en France et ailleurs en Europe. Il est impossible de distinguer ce qui est made in France de ce qui ne l’est pas, aucune indication ne figurant sur les chaussures. Mais ce sont elles aussi toutes des chaussures haut de gamme-luxe, à la finition impeccable.

De gauche à droite et de haut en bas : escarpin France Mode, sandale Arcus, ballerine Hirica, sandale Parallèle, botte Stéphane Gontard, richelieu Répetto, bottine Stéphane Kélian, derby Clergery. © LFH
Escarpin France Mode, sandale Arcus, ballerine Hirica, richelieu Répetto, derby Clergery, il existe encore des chaussures femme fabriquées en France. © LFH

Les femmes seraient paraît-il moins attachées au made in France. Elles changeraient en effet plus souvent de chaussures et seraient du coup moins sensibles à la solidité, aux chaussures qui durent et survivent aux modes successives.
Certaines entreprises citées ci-dessus fabriquent aussi pour femme : Paraboot et JM Weston, Mephisto par exemple, qui le plus souvent féminisent simplement quelques modèles masculins. La proportion est inverse chez Robert Clergerie qui, désormais — depuis que la marque Joseph Fenestrier a disparu —, fabrique essentiellement pour les femmes, à Romans. Karston, marque du groupe Pindière, dont une partie des modèles serait encore made in France, ou encore France Mode, produisent également en grande partie dans l’Hexagone. Pour toutes ces marques, quand la fabrication est française, c’est écrit dessus (ou dessous).
Lorsque qu’arrivent les beaux jours, surtout ne pas oublier les ballerines Hirica, qui sortent toutes de l’usine landaise historique de l’entreprise. Celles qui préfèrent les marques plus prestigieuses et qui peuvent payer pour opteront pour les ballerines Repetto, marque qui fabrique toujours une partie de ses modèles en Dordogne. Outre ces célèbres ballerines et certaines de leurs déclinaisons, quelques richelieus, en particulier les non moins célèbres Zizi, certaines bottines, des mocassins ou encore les babies sont également made in France. Tous les autres modèles de chaussures Repetto viennent par conséquent d’ailleurs, comme la maroquinerie et les vêtements.
Une nouvelle marque, Opéra National de Paris, propose également des ballerines et d’autre modèles femme haut de gamme directement inspirés de l’univers de la danse. La fabrication se fait près de Limoges. Avec son réseau de boutiques présentes partout en France, la marque Bocage est plus facilement accessible. Du coup, même si la proportion de ses chaussures made in France est plus limitée que celle des autres marques, elle a le mérite d’exister. Cela d’autant qu’elle permet à un plus grand nombre d’acheteuses d’y avoir accès, via ces nombreux points de vente. Enfin, n’oublions pas Méduse et ses légendaires chaussures en plastique pour la plage. La marque a élargi son offre qui se compose à présent de bottes en caoutchouc colorées ou au contraire sobres et élégantes, voire de modèles de ville détournés, comme des ballerines ou des chelsea-boots. Ou comment jouer les élégantes à travers champs ! L’ensemble de la gamme est en plastique et fabriqué  en France. Toujours au rayon caoutchouc, les bottes haut de gamme de chez Aigle sont encore fabriquées en France.

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Quelques marques françaises qui font fabriquer ailleurs, pas très loin…

De très nombreuses marques françaises sont apparues au cours de ces dernières années. La majorité d’entre elles dessinent leurs modèles en France, mais les font fabriquer ailleurs, pour l’essentiel au Portugal.
Bobbies propose une large collection de chaussures pour hommes et pour femme. Ce sont en majorité des modèles dits de ville. Fabrication au Portugal. Anthology Paris commercialise elle aussi des chaussures de ville pour homme et pour femme. Créées dans l’Hexagone, elles sont fabriquées au Portugal.

Idem pour M. Moustache, une marque qui s’adresse également à Mme Moustache et aux petits sans moustache… Les baskets/sneakers occupent un place importante dans le catalogue maison. La proportion de sneakers est encore plus importante chez National Standard ou encore chez Zespa qui, comme les autres, les font produire au Portugal. A noter que Zespa entretient un certain flou à cet égard, cela d’autant plus facilement que les premiers modèles de la marque étaient made in France.