© Thalès

Si ailleurs l’habitude est de chasser en meute, la tendance est fréquente en France de la “jouer perso”. En d’autres termes, alors que les entreprises d’autres pays s’associent pour conquérir, ensemble, de nouveaux marchés, leurs homologues tricolores font rarement preuve de solidarité. Pis, elles préfèrent — elles préféraient ? — parfois favoriser un concurrent étranger si cela peut — pouvait ? — permettre, à terme, de tuer un concurrent national. Sans doutes des vestiges de vieilles rancœurs, de rivalités historiques.
Aussi l’accord passé entre Orange, Thales Alenia Space (TAS) et Eutelsat est-il exceptionnel. Avec ce partenariat, les Français, mais aussi les Européens jusqu’à présent privés de très haut débit pourront demain en bénéficier, via le satellite et grâce à des technologies made in France.
L’année dernière, l’opérateur satellites tricolore Eutelsat avait pourtant noué un partenariat avec l’Américain ViaSat Europe afin que celui-ci commercialise en Europe des offres Internet. Pour ce faire, Eutelsat réfléchissait même à acheter un satellite à Boeing. Un choix qui avait suscité un fort mécontentement de la part des autorités et des industriels français. Est-ce cette levée de boucliers qui a incité l’opérateur satellites a changé d’avis ?
Selon Eutelsat, ce sont des questions de performances qui auraient motivé ce revirement, l’option américaine permettant un débit maximal de 90 Gb/s (gigabits par seconde), la technologie Konnect VHTS du satellite de TAS en offrant 500.
Orange louera une partie de ce potentiel pour fournir à partir de 2021 le très haut débit à toutes celles et ceux qui vivent dans des zones blanches et qui ne pourront pas être reliés à Internet via la fibre, en France et dans les pays d’Europe où Orange opère. Thales en louera également une partie pour des connexions militaires.
Protectionnisme, sanctions, refus de livraison de pièces, mesures de rétorsion, vol de données, etc., les autorités américaines ont à leur disposition un large panel d’outils pour mettre au pas leurs partenaires. Privilégier des solutions technologiques indépendantes et a priori insensibles à ces moyens de pression est sans doute une sage décision.
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