Avec les hydroliennes, il sera bientôt possible de produire de l'énergie grâce à la force des fleuves et des océans.
La mer, sa force et sa beauté. Les hydroliennes permettront-elles demain d’utiliser la première pour produire de l’énergie, sans pour autant altérer la seconde ?

L’hydrolienne est morte, vive l’hydrolienne. Si Naval Group a en effet jeté l’éponge et abandonné l’idée de produire de l’énergie grâce à des turbines sous-marines, ce n’est pas le cas d’HydroQuest et de son partenaire CMN. Pour preuve, la mise à l’eau d’un premier exemplaire d’une énorme hydrolienne de 200 tonnes et 25 mètres de large pour 11 mètres de haut, sur le site tests d’EDF, face à Paimpol, au large des Côtes d’Armor. Au total, le dispositif fabriqué par le chantier Constructions Mécaniques de Normandie approche les 1 500 tonnes ! Cette machine d’une puissance de 1 MW, qui réunit deux turbines contra-rotatives, alimentera le réseau électrique dès qu’elle sera reliée audit réseau — ce n’est pas encore le cas. Les deux partenaires travaillent déjà sur une nouvelle machine, deux fois plus puissante, qui devrait être à terme la première hydrolienne marine commercialisée par HydroQuest. En marge de ces énormes turbines de mer, l’entreprise iséroise installe également de « petits » modèles fluviaux, qu’elle a notamment déjà testés à Orléans et à Caluire, près de Lyon.

Petites hydroliennes de cours d’eau

Ce sont également des hydroliennes fluviales et pour estuaires que propose Guinard Énergies, une entreprise implantée à Brest. Les modèles développés par cette start-up sont de gabarits très différents : le premier modèle, baptisé MegaWattBlue P66, n’excède pas 66 cm de diamètre, 90 kg et une puissance nominale de 3,5 kW à 3 m/s. Puissance qui, selon Guinard Énergies, suffit à fournir un petit village en électricité. Quant au plus gros dispositif, le P 800, il affiche 8 mètres de diamètre ! Différents tests, en Bretagne et à Madagascar, ont prouvé l’efficacité de cette nouvelle façon de produire de l’énergie.
Toujours dans le Finistère, Sabella est le premier fabricant d’hydroliennes à avoir injecté de l’énergie sur le réseau électrique français. C’était entre 2015 et 2016, grâce à une “D10” installée au large de l’île de Ouessant. Une deuxième campagne de tests, qui a débuté fin 2018, doit durer jusqu’en 2021. Deux hydroliennes D12, couplées à une éolienne, à un parc solaire et à un système de stockage d’énergie, doivent ensuite être « définitivement » installées. Il s’agira alors de fournir aux 800 habitants de l’île l’électricité dont ils ont quotidiennement besoin. Mais en économisant les 2 millions de litres de fuel qu’ils brûlent actuellement chaque année.