Les gaz d'échappement figurent parmi les principaux responsables du réchauffement climatique.
© Neri Vill, Pixabay.

Au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest, partout la température monte. Les hivers sont de plus en plus doux, parfois ponctués par quelques poussées de froids extrêmes ou des ouragans toujours plus déchaînés. Les étés se font brûlants, les neiges éternelles disparaissent, les glaciers fondent
Les Etats-Unis n’en ont cure et continuent leur business as usual. Ils tentent même de rallier d’autres pays à leur cause, comme lors du G20 d’Osaka (28-29 juin 2019).
Et les autres ? Que valent leur volonté affichée de lutter contre le réchauffement climatique si leurs industriels n’ont de cesse de satisfaire des demandes qui vont à l’encontre de leurs engagements, comme celles de certains consommateurs d’Amérique du Nord ?
En Europe et en Chine, les constructeurs automobiles mettent les bouchées doubles pour développer des véhicules électriques. PSA commercialisera à l’automne une 208, une 2008, une DS3 Crossback et une Opel Corsa 100% électriques ; Nissan produit une nouvelle Leaf ; Renault renouvellera prochainement sa Zoé tandis que le groupe Hyundai-Kia a ajouté les Kona et Niro à la Ioniq. Même les Allemands, grands pourvoyeurs de grosses berlines et de gros SUV, se convertissent eux aussi. Volkswagen va ainsi lancer l’ID3, son premier modèle exclusivement électrique, tandis que le groupe BMW s’apprête à sortir une Mini électrique, qui épaulera la i3.

Dire une chose, en faire une autre…

Malheureusement, BMW commercialise aussi depuis peu le X7, le plus gros et le plus luxueux SUV qu’il n’ait jamais fabriqué. Destiné principalement aux Etats-Unis, ce char d’assaut de 5,15 m est équipé d’un moteur V8 biturbo de 4,4 litres et 456 chevaux ! A quoi bon proposer quelques rares petites voitures électriques en Europe si parallèlement on vend des 4×4 polluants et énergivores outre-Atlantique ? Pour soigner son image ? Pour tenter d’adoucir un peu les amendes promises par Bruxelles ?
Les entreprises sont aujourd’hui parées de toutes les vertus : elles créent de la richesse, de l’emploi, de la cohésion sociale, de l’innovation, etc. Certes. Mais elles sont aussi pour quelques-uns de puissants outils de pouvoir et d’enrichissement, qui n’ont que peu à voir avec l’intérêt commun. Si mettre sur les routes des monstres assoiffés de carburants fossiles permet de gagner part de marché et argent, c’est de très loin le plus important. Surtout s’il suffit de produire quelques Mini électriques pour se refaire une vertu.