Le groupe Hermès dispose d'une grosse vingtaine d'ateliers de fabrication dans l'Hexagone.
Le groupe Hermès dispose d’une vingtaine d’ateliers en France. © Hermès

Ce serait comme le symptôme d’un changement d’époque : l’implantation d’un nouvel atelier de maroquinerie Hermès en lieu et place d’une ancienne usine Electrolux, à Revin, dans les Ardennes.
Longtemps dernier site industriel à fabriquer des lave-linge en France, Electrolux Revin à fermé ses portes en 2014 avant d’être brièvement repris l’entreprise Selni, elle-même liquidée en 2018. Depuis, cette ancienne usine Arthur Martin n’est plus qu’une friche industrielle. Déjà implantée dans les Ardennes depuis 2001, le groupe Hermès est très satisfait de l’atelier local, qui fabrique notamment les best-sellers Birkin et Kelly. Ajouter un deuxième site dans le département serait donc très sérieusement envisagé par la direction, qui reproduirait ainsi les opérations déjà menées en Normandie et dans le Doubs, où deux nouveaux ateliers sont venus compléter deux plus anciennes implantations.
Les lave-linge Arthur-Martin, jadis vendus aux classes moyennes et populaires françaises et à ce titre symboliques de leur enrichissement au cours de Trente Glorieuses, ces lave-linge donc vont très probablement être remplacés par des sacs à main parmi les plus chers au monde. Des sacs qui sont quant à eux destinés à la clientèle richissime du monde entier, de Chine en particulier.
Est-ce l’illustration d’une montée en gamme de l’industrie française, à l’image de la trajectoire désormais suivie par PSA Peugeot-Citroën, ou au contraire celle de sa disparition totale au profit d’un artisanat du luxe ?

Un quart du CAC 40

Les groupes Kering, Hermès, L’Oréal et LVMH, que d’aucuns surnomment déjà les KHOL pou répondre aux GAFAM Américains, représentent une part de plus en plus importante du CAC 40. Un quart de la valorisation totale du principal indice boursier tricolore est en effet le fait de ces quatre groupes de luxe. Auxquels il conviendrait en outre d’ajouter Chanel, qui n’est pas coté en Bourse, mais qui a récemment et pour la première fois publié des résultats dignes de ses concurrents hexagonaux.
Difficile de savoir aujourd’hui si la prospérité de ces quelques géants du luxe est une bonne nouvelle pour l’économie du pays. Ou si au contraire elle est révélatrice d’un creusement des inégalités entre d’un côté les petites mains du monde entier et de l’autre quelques happy fews fortunés, répartis eux aussi sur tous les continents. Les premières fabriquent des produits hors de prix pour les seconds, qui enrichissent en retour les dirigeants des entreprise. Bernard Arnault, le p-dg de LVMH, est ainsi récemment devenu le deuxième homme le plus riche au monde, devant le « légendaire » Bill Gates.