La résistance des bactéries aux antibiotiques sera demain un problème majeur… © Arek Socha/Pixabay.

Une équipe de l’Institut de la Santé et de la Recherche médicale (Inserm) et de l’Université de Rennes 1 ont développé des molécules qui à terme permettraient de créer une nouvelle classe d’antibiotiques. Surtout, ces molécules ont prouvé leur efficacité contre plusieurs souches de bactéries parmi les plus résistantes et redoutables, à savoir les staphylocoques et les pseudomonas aeruginosa. C’est ce que révèle un article que les scientifiques bretons ont fait paraître dans la revue Plos Biology.
A ce jour, les expériences ont été menées uniquement sur des souris, pendant périodes courtes, de 15 jours au maximum. Il convient donc de faire preuve d’un optimisme modéré. En outre, si les molécules se révélaient également efficaces sur l’homme, il faudrait patienter au moins dix années avant une éventuelle mise sur le marché.
Il s’agit néanmoins d’une excellente nouvelle. La résistance des bactéries aux antibiotiques est en effet, selon les spécialistes, une des plus grandes menaces pesant sur l’humanité. Si demain nous ne parvenons plus à détruire les bactéries, c’est un bond en arrière d’un siècle ou plus qui risque de se produire. On estime ainsi que près de 10 millions de personnes pourraient mourir d’infections à l’horizon 2050 si aucune avancée pharmaco-médicale n’est faire d’ici là. Certaines équipes à travers le monde ont choisi de tester à nouveau les vertus de la phagothérapie — utilisation de virus pour tuer les bactéries —, “inventée” en France dans les années 1910 et utilisée avec succès avant d’être abandonnée après la mise au point des premiers antibios.
L‘usage intensif des antibiotiques dans l’élevage est un des principaux responsables de leur perte d’efficacité. On le sait et, pourtant, on continue de gaver le bétail de produits censés, à l’origine, protéger les hommes. La consommation trop importante de ce type de médicaments par les hommes est une autre cause de la résistance des bactéries. On en prend pour soigner des petits « bobos » sans importance contre lesquels ils ne sont d’aucune utilité.
Les grands laboratoires pharmaceutiques préfèrent orienter leurs recherches vers des traitements parfois extrêmement lucratifs plutôt que de développer des antibiotiques de nouvelle génération. Pourtant, à quoi bon ces traitements high-tech et forts couteux s’il n’est tout simplement plus possible d’opérer les patients, faute d’antibiotiques efficaces ?
Heureusement, tous les chercheurs ne travaillent pas pour Big Pharma — surnom donné aux plus grandes entreprises du secteur —, qui privilégie profits et dividendes à toute autre considération. Il y en a encore qui œuvrent dans quelque grande institution publique, à l’Inserm notamment…