A eux seuls, Le Grande-Bretagne, le Luxembourg, le Pays-Bas et la Suisse attireraient 40 % des sommes  échappant à l'impôt dans le monde.
De multiples études le prouvent : ce sont les pays du Nord qui incitent à la fraude et lavent l’argent sale, pas ceux du Sud… © Pixabay/M. Hassan

Les pays du Nord de l’Europe, à commencer par l’Allemagne, bénéficient d’une image de courage, de sérieux, d’honnêteté, de droiture dont ne jouissent pas ceux du Sud. D’un côté il y aurait en quelque sorte la rigueur protestante, de l’autre les abus, la triche, les passe-droits et les « magouilles » propres aux pays de culture catholique.
Les affaires se succèdent ces dernières années qui prouvent que cela est loin, très loin d’être aussi simple. Le premier gros scandale a été celui des moteurs diesel trafiqués par le groupe VAG (Volkswagen, Audi, Porsche, Seat, Skoda, etc.). Puis sont apparus les choix hasardeux et les malversations financières de la Deutsche Bank, la première banque Outre-Rhin, qui se retrouve aujourd’hui durablement affaiblie. Puis encore les pratiques très peu regardantes des banques suédoise Nordea et danoise Danske Bank, qui via des filiales baltes blanchissaient allègrement l’argent sale venu de Russie, d’Azerbaïdjan ou d’Ukraine.

40 % de la fraude fiscale mondiale

Et que dire du Luxembourg, des Pays-Bas, de la Suisse et des petites îles Britanniques, qui figurent parmi les principaux paradis fiscaux, même s’il n’est pas autorisé de le dire ou de l’écrire en ces termes. À elle seule, via lesdites îles fiscalement paradisiaques, la Grande-Bretagne attirerait ainsi plus du tiers des sommes qui échappent à l’impôt dans le monde entier. Une proportion qui grimpe à 40 % si on ajoute les trois pays européens sus-mentionnés… Quant à la ville de Londres, elle a mis en place tous les dispositifs possibles et imaginables pour attirer les plus fortunés, et ce quelle que soit l’origine de leur argent.
Même si elles ont des conséquences plus importantes et plus visibles, ces pratiques délictueuses ne sont pas toujours cantonnées aux hautes sphères financières, loin s’en faut. Il en existe en effet de plus modestes et plus discrètes, mais qui relèvent elles aussi d’une morale et d’une éthique pour le moins discutables.
Ainsi, la justice française a tout récemment eu à régler un différend opposant d’un côté une petite entreprise du Nord de la France, nommée Dhaze, et de l’autre Henkel, un des nombreux géants allemands de la chimie. Objet de ce conflit : le vol et le détournement par le groupe allemand de photos et vidéos appartenant à Dhaze pour illustrer les propriétés d’un de ses produits, concurrent direct de celui de la PME française. Le produit allemand, mis sur le marché cinq années plus tard, a progressivement évincé celui-ci des rayons des grands distributeurs, notamment parce qu’il était vendu moins cher que le tricolore — ce dernier est made in France… D’où un préjudice financier très important pour la petite entreprise, d’autant que Henkel a également utilisé les visuels volés en Belgique, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas…