À gauche, un polo bon marché, de marque française (Jules), mais fabriqué en Asie. À droite, son équivalent, beaucoup plus cher, mais confectionné dans l’Hexagone, dans du tissu made in France

Que recherchent les consommateurs lorsqu’ils achètent des vêtements, des accessoires de mode ? Certains ont une idée précise de ce qu’ils veulent. D’autres partent à l’aventure et « voient sur place » ou en surfant sur Internet. Pour autant, tous ont malgré tout quelques règles, voire certains principes, auxquels ils ne dérogent pas, ou peu. Les uns vont acheter les premiers prix, parce qu’ils n’ont pas le choix. D’autres vont eux aussi acheter le moins cher, même si leurs moyens leur permettraient de dépenser plus. D’autres encore s’offrent systématiquement des produits de marque, sans autres considérations, de prix, de qualité par exemple. Et puis il y a ceux qui privilégient les articles répondant à des règles de fabrication : textile bio, bonnes conditions de fabrication — y compris à l’étranger —, production exclusivement locale, etc. On s’en doute, l’essentiel de ces « principes » s’excluent les uns les autres : trouver un produit premier prix qui soit à la fois d’excellente qualité, de marque et fabriqué localement, ça n’existe pas. En particulier dans le prêt-à-porter. Marque exclut généralement premier prix ; premier prix interdit en général production locale et matériaux de qualité, etc. Et comme si cela n’était pas suffisamment compliqué, d’autres considérations peuvent aussi entrer en ligne de compte. Pour ce qui du made in France par exemple, que faut-il privilégier : une confection effectuée dans l’Hexagone avec des matières premières étrangères, ou au contraire des matières premières d’origine française, mais avec une fabrication délocalisée ? L’idéal est évidemment de pouvoir concilier l’une et les autres, mais cela est très rare. Et lorsque de tels produits existent, ils coûtent beaucoup plus cher. S’ils portent une griffe réputée, ils peuvent séduire des acheteurs « aisés ». Mais qu’en est-il de nouvelles marques, inconnues ou presque, qui vendent très cher ce type de produits 100 % made in France ?

Image de marque ou pays de fabrication ?

Les vêtements — mais pas seulement — font aujourd’hui partie intégrante de l’identité des consommateurs, des plus jeunes notamment. Entre un t-shirt, un sweat-shirt à capuche, un jean ou une paire de sneakers sans marque reconnaissable par les pairs et leurs équivalents de marque « hype », le choix est vite fait. Surtout si les produits inconnus sont vendus aussi voire plus cher que les autres, parce qu’ils sont fabriqués en France.

Deux polos au même prix… Le premier, 100 % fabriqué en France, est commercialisé par une marque en devenir (Le Slip français). Le second, à demi made in France, porte le logo de l’inventeur du polo…


Prenons par exemple le polo, un vêtement mixte, fabriqué dans l’Hexagone et ailleurs, intégrant ou non du textile made in France, disponible en version premier prix ou commercialisé par des marques dites premium. Le polo est d’autant plus intéressant qu’il a été inventé en France et qu’il appartient désormais au patrimoine tricolore, au même titre que la marinière notamment.
Un acheteur a ainsi tout le loisir d’acheter auprès d’une marque française  bon marché — Jules par exemple… — un polo qui soit à la fois sobre, élégant tout en étant très abordable financièrement. Mais il ne faut dès lors pas trop s’interroger ni sur la qualité, ni sur les conditions de fabrication, l’origine du tissu, etc.
À l’opposé, il existe sur le marché des polos made in France fabriqués à partir de coton tissé à l’étranger, vendu à des tarifs très élevés par des marques encore confidentielles, ou tout au moins inconnues du plus grand nombre.
D’autres articles sont commercialisés par des marques populaires auprès des jeunes, mais aussi des moins jeunes. Ce sont notamment des polos Lacoste fabriqués à l’étranger dans des tissus made in France, ou des polos Lacoste confectionnés en France dans les mêmes tissus français. Les seconds sont vendus plus cher, mais peuvent être personnalisés.

Le polo de gauche, de marque grand public (Le Coq sportif) est confectionné à l’étranger dans du tissu français. Celui de droite (De Bonne facture) est fabriqué en France dans un tissu étranger. Au final, le second coûte plus du double du premier…

Le Coq sportif commercialise lui aussi des polos confectionnés à l’étranger — au Maroc — dans des tissus pour l’essentiel tricotés et teints en France. Moins premium que Lacoste, Le Coq sportif affiche des tarifs un peu moins élevés pour ses polos à demi made in France.
Dernier cas de figure, les polos du Slip français. Marque qui s’est rapidement fait une place en France, elle ne dispose pas encore ni de la réputation ni de l’image de Lacoste. Résultat : ses polos de fabrication 100 % française sont proposés au même prix que les polos à demi made in France qui arborent de petits crocodiles. Les seconds ont un nom, les premiers pas encore…
Bref, en matière de polos, il y en a pour tous les goûts, y compris pour ceux qui apprécient les produits de marques américaies fabriqués au Sri Lanka et vendus fort cher. À chacun de choisir selon ses moyens, ses goûts, ses priorités, voire ses valeurs.