Acome n’est pas seulement la plus importante coopérative ouvrière de production de France ; c’est aussi une des seules — peut-être même l’unique — entreprises tricolores qui, pendant cette période de paralysie industrielle, travaillent d’arrache-pied pour approvisionner le marché chinois. Cette société normande possède en effet deux usines en Chine, dont une à Wuhan, la ville où est apparu le virus responsable de l’actuelle pandémie. Fermée pour cause de confinement, celle-ci n’a pas pu répondre aux commandes des constructeurs automobiles des autres provinces chinoises, qui elles n’avaient pas interrompu leurs activités. L’entreprise française a donc décidé d’acheminer de Normandie — l’entreprise y dispose de six usines — les câbles indispensables aux constructeurs automobiles, en particulier ceux destinés à un fabricant d’ambulances. Au total, ce sont 40.000 kilomètres de câbles de puissance qui ont été acheminés par avion jusqu’aux aéroports de Pékin et de Shangai, rappelle La Tribune.

Sans câbles, pas de voitures…

Les câbles de puissance, les fameux faisceaux électriques, sont indispensables à toute automobile. Sans eux, les différents éléments qui composent un véhicule ne communiquent pas entre eux, tandis qu’aucun courant électrique ne peut circuler. Un véhicule est alors comme un corps sans nerfs, veines ni artères.
Acome est un des grands spécialistes internationaux des câbles dits à haute valeur ajoutée, qu’il conçoit et fabrique en France, en Chine, au Maroc et au Brésil. Ces câbles sont destinés aux secteurs du bâtiment, des transports, des réseaux datas et des télécoms. Et, donc, de l’automobile.
La montée en puissance des énergies renouvelables, de la voiture hybride, électrique et autonome ainsi que les besoins toujours plus grands en termes d’acheminement de données, toutes ces évolutions à venir laissent présager un avenir radieux pour cette entreprise pas comme les autres. Un groupe industriel qui, transformé en Scop dans les années 1960, a depuis pour seuls actionnaires ses propres salariés.