Les vélos électriques Cavale sont rétro, mais neufs. Ils intègrent un maximum de composants made in France. © Cavale

Suite des (més)aventures de la petite reine dans ce qui fut, jadis, son paradis : l’Hexagone. Le temps est loin en effet où la France était la terre de prédilection du deux-roues à pédales. N’oublions pas que c’est dans l’Hexagone qu’est né le vélocipède, l’ancêtre de la bicyclette ; que c’est dans ce pays qu’eurent lieu les premières courses cyclistes ; que dans les années 1960-1980, les marques tricolores étaient légion et florissantes. Qu’à cette époque, ce n’est pas Shimano qui équipait les vélos du monde entier avec ses dérailleurs, mais le Français Huret, qui chaque année en produisait plusieurs millions, en France. Mais ce fabricant n’a pas su résister à la déferlante asiatique : il a d’abord été racheté par l’Allemand Sachs, qui a ensuite été lui-même repris par l’Américain Sram. Même destin pour Maillard, leader des pédales et des moyeux, qui est lui aussi tombé dans l’escarcelle de Sachs, puis de Sram… Les selles Idéale, les freins Mafac, les dérailleurs Simplex, les cycles Montoconfort, Motobécane, Mercier, Lejeune, les « vrais » Peugeot et Gitane, etc., tous ont disparu.


Faire du neuf avec du vieux

Un vieux vélo Mercier remis à neuf par Cycles Panache, avec des pièces d’origine. © Cycles Panache

Aujourd’hui, l’énergie revient et ils sont désormais nombreux à vouloir croire à une nouvelle chance aux biclounes tricolores. Certains entendent ainsi redonner vie à ces grands noms en récupérant des pièces vintage, en leur redonnant une nouvelle jeunesse — ils sont refaits à neuf — et en les combinant, pour faire renaître des cycles presque 100 % made in France. C’est le cas de Cycles Panache, qui propose des machines à la fois neuves et anciennes, à cent lieues des productions standardisées actuelles.
D’autres lancent de nouvelles marques de deux-roues certes rétro, mais constitués de composants neufs. Cavale propose ainsi des vélos électriques beaux, légers et dépouillés, qui embarquent tout ce qui peut exister de pièces made in France : cadres, roues, pédaliers, jeux de direction, garde-boue, guidoline… Même la batterie est de fabrication française ! Et c’est une véritable selle en cuir Idéale, à nouveau fabriquée en France, à Toulouse. Moteur, freins et transmission sont en revanche importés, de Taïwan.


Vélos électriques high-tech

La start-up WaTTfornow conçoit et fabrique en France des VAE ultra-performants. Elle vient en outre de racheter Time, fabricant français de cadres et de pédales… © WaTTfornow

Pendant que de nouvelles marques naissent, d’autres, anciennes, sont en souffrance. Mavic est ainsi au bord de la disparition, tandis que Time est au plus mal. Peut-être la situation de celle-ci va-t-elle demain s’améliorer. Rossignol, qui avait acheté ce fabricant de pédales et de cadres en 2016, vient en effet de le revendre à WaTTfornow, une start-up qui conçoit, fabrique et commercialise des VTT électriques ultra-performants. Avec cette acquisition, la jeune pousse va disposer d’une marque réputée et de nouveaux savoir-faire reconnus, notamment en termes de fabrication de cadres carbone. Les salariés survivants de Time vont rejoindre ceux de WaTTfornow ; dès le mois de septembre prochain, ils seront à pied d’œuvre dans une ancienne usine de Salomon. Ce concurrent de Rossignol y fabriquait jadis des skis…
Panache, Cavale, WaTTfornow, sans oublier Angell sont autant de beaux vélos made in France. Ils ne sont — ou ne seront — malheureusement pas à la portée financière de tous les adeptes de la bicyclette. Mais chaque chose en son temps…