
Des VAE – vélos à assistance électrique – dont le cadre, la motorisation, la batterie et d’autres composants sont fabriqués en France. Difficilement imaginable il y a quelques années, mais c’est désormais une réalité. Parmi les nouvelles marques – en l’occurrence, il s’agit plutôt d’une ancienne –, Radior prouve ainsi qu’il est possible, en 2025, de concevoir et de commercialiser des vélos à assistance électrique véritablement made in France.
Fondée par six associés, Radior Bike a, en effet, développé trois modèles constitués, pour l’essentiel, de composants produits par des sous-traitants tricolores.
C’est en 2020, alors que le monde est à l’arrêt et sous cloche, que ces six professionnels chevronnés de Bourg-en-Bresse décident de redonner vie à Radior, une ancienne gloire locale, née en 1904. Pour ces professionnels, la paralysie de l’économie mondiale et les difficultés d’approvisionnement prouvent qu’il est urgent de reprendre la main et de produire localement, très précisément dans l’Ain. Cinq années plus tard, c’est chose faite.

Des cadres en acier fabriqués dans l’Hexagone
Entre-temps, Radior Bike a développé trois modèles : le Colibri ; le Phen’x, en versions urbaine ou trek, et enfin le Simurgh, pour les professionnels et les familles. Parmi les points communs à ces trois machines : des cadres fabriqués en France. Ici, pas d’aluminium ou de carbone, mais de l’acier. Plus lourd que ces deux autres matériaux, l’acier est en revanche plus robuste et plus souple, ce qui procure durabilité, souplesse, amorti et confort. Si le poids est un critère déterminant pour gagner quelques dixièmes de seconde sur un contre-la-montre du Tour de France, il ne l’est pas vraiment pour arpenter les rues des villes. Il l’est encore moins lorsqu’il s’agit de transporter des enfants ou de lourdes marchandises, surtout lorsque l’on bénéficie de l’assistance d’un moteur électrique. Alors que dans leur immense majorité les cadres de vélo sont importés d’Asie, de Taïwan en particulier, ceux des Radior sont fabriqués dans l’Ain, département où est implantée l’entreprise. Confiants dans la qualité de ces structures en acier, les dirigeants de Radior Bike les garantissent à vie. Rassurants pour les clients de la marque, notamment ceux qui laissent leur voiture au garage et qui choisissent de chevaucher leur Radior Simurgh Famille pour accompagner leurs bambins à l’école.

Des moteurs également made in France
Côté motorisation, pas de Bosch, de Shimano ni de Bafang. Les fondateurs de Radior Bike font en effet confiance au Français Valeo et au Japonais Yamaha. Pourquoi ce choix ? Pour la qualité de ces moteurs bien sûr, mais aussi parce qu’ils sont fabriqués en France. Alors que l’Allemand Bosch produisait ses premiers moteurs en Normandie, il en a depuis longtemps transféré la fabrication en Europe de l’Est. C’est au contraire dans l’Hexagone que Yamaha a choisi de produire les moteurs de vélo qu’il commercialise en Europe. Propriétaire de MBK – ex-Motobécane-Motoconfort – depuis 1986, le géant Japonais a confié cette fabrication à son site de Saint-Quentin. Fallait-il privilégier un moteur de marque européenne assemblé en Hongrie ou un autre, d’origine japonaise, fabriqué en France ? Radior Bike a fait le choix des salariés français, pas celui des actionnaires de Bosch.

Puissance et confort d’utilisation
Cette question ne se pose pas pour les moteurs et batteries Cyclee, puisque ces systèmes sont développés et fabriqués en France, par une entreprise tricolore. Mais ce ne sont pas ses seules qualités. Le moteur Valeo Cyclee offre une puissance et un couple unique, très supérieurs à tout ce que propose la concurrence. Et lorsque l’on achemine des charges importantes ou que l’on véhicule sa petite famille, il s’agit d’un argument de poids. Cyclee présente en outre l’avantage d’intégrer une boîte de vitesses automatique – développée pour le Français Effigear –, qui permet de se passer des vitesses, du dérailleur et de l’entretien qui va avec. Un gage de solidité et d’économie.
C’est un autre système qui équipe le Colibri, le modèle Radior Bike le plus accessible. Pour épauler le moteur Yamaha made in France, Radior a en effet choisi la technologie américano-hollandaise de variation continue Enviolo, qui remplace les vitesses traditionnelles. Intégrée au moyeu, cette option permet, elle aussi, de se passer de dérailleur. Elle offre une progressivité, une fluidité, une fiabilité et un silence de fonctionnement très supérieurs à ce que permettent le classique combo dérailleur-cassette ou même les vitesses intégrées de Shimano – les fameux Nexus – ou de Sturmey Archer.

Les fournisseurs tricolores à l’honneur
Cadre, moteur, mais aussi batteries, roues, pneus, fourches, manivelles, plateaux, pignons, porte-bagages, garde-boue et éclairage sont également, selon les modèles, produits localement. Outre Valeo et Yamaha, Radior Bike s’appuie ainsi sur les entreprises tricolores Mach1, Mavic, Hutchinson et Stronglight. Quant au Néerlandais Spanninga, il fabrique des éclairages dans l’Ain, à Nantua, grâce à sa filiale Jos – rebaptisée Jos International –, un concurrent français racheté en 1992. La proportion d’éléments produits localement varie selon les modèles, mais grâce à Radior Bike, on ne parle plus seulement d’assemblage, mais bien de fabrication. Et selon la marque aindinoise, le Colibri serait même, en 2025, le VAE Origine France Garantie le moins cher du marché.
Radior Bike : vélos à assistance électrique fabriqués en France, dans l’Ain.




