Le vélo est traditionnel, sans assistance. C’est la remorque qui est électrifiée… © K-Ryole

Deux approches, deux solutions. Il y a d’abord le triporteur ou le vélo cargo électrique. C’est la partie cycle qui est électrifiée pour aider le « pilote » et lui permettre de transporter de lourdes charges. Limite : la puissance du moteur électrique, qui est réglementée. Le nouveau système d’assistance développé par Valeo gomme en partie cette limitation grâce à un couple beaucoup plus important que les autres solutions commercialisées, à puissance équivalente. Il y a ensuite la remorque électrifiée. On sépare le vélo et la partie transport, que l’on motorise. On peut par conséquent utiliser n’importe quelle bicyclette pour tracter la remorque. C’est le premier avantage. Le second : la puissance de la motorisation. Le — ou les —­ moteur utilisé ne propulse pas la remorque, mais se contente de gommer, d’annuler la charge transportée. Ce qui est le plus important.

Dix fois plus de puissance qu’un VAE

Grâce à cette autre approche, la remorque est considérée comme un accessoire et est autorisée à produire beaucoup plus de puissance. Sur les remorques créées, développées et fabriquées en France par K-Ryole, cette puissance est dix fois supérieure à celle développée par les motorisations des vélos cargos et autres triporteurs.
Avec la technologie brevetée par la petite start-up parisienne, une remorque Pick-up peut transporter jusqu’à 250 kg, y compris en remontant une rampe de parking, tractée par n’importe quel vélo. Voire simplement tirée à la main, sans vélo. Cette dernière utilisation est particulièrement appréciée dans le bâtiment et les travaux publics. Grâce à une version spécialement pensée pour ces secteurs d’activité, le chariot Kross Builder permet de déplacer ou de transporter outils, matériels, planches, sacs de ciment, pots de peinture, etc., facilement, sans effort et en silence. Ce qui change tout en termes de condition de travail et limite les accidents du travail. Aucun apprentissage, aucun savoir-faire ou pilotage : il suffit de tirer le Chariot Kross Builder, celui-ci amplifiant la force de celle ou celui qui tire, à la main.

Le K-Ryole Kross Builder est une version pour le bâtiment, les travaux public. Même pas besoin de vélo… © K-Ryole

Une troisième solution est commercialisée par K-Ryole : baptisée Utilitaire, elle est notamment utilisée pour livrer des colis, de courses faites en ligne, etc. La Poste et de nombreuses enseignes de la grande distribution sont des clients de K-Ryole. Cette remorque Utilitaire est en outre parfaitement sécurisée — activation automatique d’un antivol via le frein moteur — et incrochetable, pour que les livreurs ne se fassent pas dérober leur chargement dans la rue, lors d’une livraison à un particulier ou à une entreprise. Là aussi, les livraisons se font avec n’importe quel vélo, sans effort et sans bruit. Et sans doute aussi avec un peu moins de stress…

Déménager pour tripler la production

Comme la Pick-up, l’Utilitaire embarque une puissance de 3 000 W (deux moteurs, soit un par roue), ne mesure que 86 cm de largeur et peut transporter 250 kg de marchandises. Alors si vous croisez une remorque aux couleurs de Monoprix, de Franprix, de Stuart, de Biocoop, de Bricorama, d’Intermarché ou encore de Dott, tractée par un vieux vélo Décathlon, n’en déduisez pas qu’il s’agit d’une entreprise indigne, incapable de fournir des vélos électriques à ses livreurs…

De nombreuses entreprises font confiance à K-Ryole pour les livraison sur le fameux dernier kilomètre. © K-Ryole

Pour faire face à la demande de ses clients et pour en trouver de nouveaux, K-Ryole va prochainement quitter ses locaux parisiens trop exigus pour une usine dans le Lot-et-Garonne, où elle disposera de près de huit fois plus d’espace. De quoi faire passer la production annuelle de 300 remorques en 2020 à 600, voire 900 en 2021. Car les remorques K-Ryole sont intégralement fabriquées en France, grâce notamment à un réseau de plus de 25 sous-traitants industriels tricolores. Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise devrait procéder au recrutement d’une trentaine de personnes d’ici à 2022.