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Pas de masque, pas de test de dépistage, pas de respirateur, pas assez de lits de soins intensifs et, enfin, pas de vaccin. L’industrie de la santé et la recherche médicale tricolores n’ont pas été à la fête au cours des douze ou quinze derniers mois. La France, qui se rêvait encore terre d’excellence médicale il y a peu, se retrouve dans la position de la suiveuse, de l’assistante, qui doit se contenter d’aider les autres. À l’image de Sanofi qui, à défaut d’avoir développé son propre vaccin, propose à ceux qui l’ont fait de les aider à les produire au sein de ses propres usines.

Fabrication de masques à grande échelle

Grandeur de décadence, donc… Sauf que, Chine exceptée, tous les pays se sont retrouvés dans la même situation. Et pour ce qui est des vaccins, on ne peut pas toujours gagner, c’est le propre de la recherche. Parfois on trouve, parfois on ne trouve pas…
Pour autant, la situation en 2021 n’est plus celle de 2020. Les autorités ont pris des mesures, incitatives et financières, pour que ce qui a cruellement manqué à l’Hexagone au début de la pandémie ne manque plus demain. Et les industriels ont répondu à ces incitations : en février 2021, plus de 100 millions de masques sont produits chaque semaine sur le territoire, contre 3,5 millions un an plus tôt. Le matériau avec lequel ils sont fabriqués, un non-tissé baptisé meltblown, était hier encore presque uniquement produit à l’étranger. Il y a, ou il y aura prochainement, une dizaine de sites de production tricolores.
Certains industriels, comme le Groupe Lemoine, parviennent même aujourd’hui à commercialiser des masques 100 % made in France — meltblown, élastiques, barrette de nez. Même si la fabrication se fait sur des machines italiennes — mais il existe aussi des machines françaises

La France porduit désrmais plus de 100 millions de masques par semaine. © Pixabay/Leo2014

Des tests plus rapides et moins « traumatisants »

Ce même industriel avait commencé, dès le printemps 2020, par produire des écouvillons, ces grands cotons-tiges avec lesquels sont effectués les tests PCR. Ces tests, justement, sont pour l’essentiel importés de Chine, qui semble-t-il dispose d’une véritable avance technologique en la matière. D’autres tests, salivaires notamment, sont en revanche développés, fabriqués et désormais commercialisés en France. C’est le cas d’EasyCov, qui est présent remboursé par la Sécurité sociale, ou encore de celui mis au point par BioSpeedia. Ce dernier est testé à Saint-Étienne à l’occasion d’une vaste opération de dépistage, de 22 au 28 février. Ces tests, qui sont pratiqués via un prélèvement de salive — complété par un prélèvement avec écouvillon, mais juste à « l’entrée » du nez — , sont beaucoup moins traumatisants. Les résultats sont en outre beaucoup plus rapides, puisqu’ils sont obtenus en 15-20 minutes seulement. Enfin, l’entreprise stéphanoise a également développé une méthode de séquençage qui lui permet de repérer les différents variants — britanniques, sud-africains… — ou d’en détecter de nouveaux. Si les résultats de cette opération sont concluants, ces tests salivaires 100 % made in France pourraient se généraliser, notamment via l’auto-prélèvement, aux dépens des tests PCR, plus contraignants et parfois douloureux. Toujours au rayon tests, l’Alsacien Biosynex va quant à lui entamer la fabrication de tests antigéniques à grande échelle dans son usine implantée près de Strasbourg. Une nouvelle ligne de production unique en Europe.

Plusieurs vaccins en cours de développement

Enfin, les laboratoires et entreprises tricolores n’ont pas abandonné la partie dans la course aux vaccins. Sanofi — et le Britannique GSK — a ainsi annoncé le 22 février le lancement de la phase 2 de son candidat vaccin anti-Covid-19. De même, si l’Institut Pasteur a mis un terme à ses travaux sur un premier vaccin, il progresse rapidement sur un nouveau. Celui-ci, prometteur, serait administrable par spray nasal.

Pour le potentiel vaccin de l’institut Pasteur, il n’y aurait pas de piqûre… © Pixabay/Angelo Esslinger

Enfin, deux biotech, la Nantaise Ose Immunotherapeutics et la Lyonnaise Osivax, sont elles aussi à pied d’œuvre. La première travaille sur un vaccin multicible — contre onze variants potentiels —, tandis que la seconde met au point un vaccin universel, insensible à ces mêmes variants. La franco-autrichienne Valneva est quant à elle de loin la plus avancée, mais son prochain vaccin ne sera probablement pas produit en France, mais en Grande-Bretagne et en Suède. Bref, si l’Hexagone n’a pas été le premier à commercialiser des « remèdes » contre le Covd-19, rien ne dit qu’il ne proposera pas à terme des solutions comparables, voire plus performantes que celles actuellement disponibles. Des solutions fabriquées localement qui plus est.