© Safilin

Et de deux ! Un an environ après Emmanuel Lang/Velcorex, un autre industriel tricolore va recréer une filature de lin dans l’Hexagone. Cela vingt-cinq ans après l’avoir déserté…
Safilin, c’est le nom de cette entreprise, a en effet annoncé son intention d’édifier un nouvel outil industriel dans les Hauts-de-France, sa région d’origine, dès 2021. Pour ce faire, elle va demander à ses spécialistes polonais de venir former celles et ceux qui seront chargés de faire tourner l’usine dans les Hauts-de-France. Il y a un quart de siècle, c’étaient des Français qui étaient partis pour former les Polonais et leur apprendre l’art de tisser le lin. Aujourd’hui, il semblerait que personne, ou presque, ne sache plus le faire en France.
Pourquoi cet industriel et les autres ont-ils choisi de délocaliser toute leur production au cours des années 1990 ? À cause de la concurrence chinoise et de la division des prix par deux. Cette concurrence a-t-elle disparu aujourd’hui ? Selon les propos du dirigeant de Safilin, ce retour aux sources est devenu possible parce que des industriels et des marques désirent répondre à une demande des consommateurs pour des produits authentiques, fabriqués intégralement dans l’Hexagone, de la culture de la plante jusqu’au produit fini.

Et en plus, un champ de lin est magnifique. © DR

Favoriser la culture des plantes écologiques

Il s’agit aussi de prendre sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique en favorisant les circuits courts. D’autant qu’en plus d’être local, le lin est une plante « facile à vivre », qui a besoin de très peu d’eau et de peu ou pas d’intrants chimiques pour pousser. Contrairement au coton.
Bref, le lin n’a que des avantages, à l’image du chanvre, dont l’Hexagone est, là aussi, un des premiers producteurs mondiaux. Alors que plusieurs initiatives ont été prises pour valoriser la laine des moutons tricolores plutôt que celle venue des antipodes, peut-être est-il temps en effet de tirer profit de ces deux plantes anciennes, robustes et abondantes sur notre territoire, plutôt que de continuer à privilégier le coton, importé, assoiffé et polluant. Cela d’autant que les utilisations que l’on peut faire du lin et du chanvre — nouveaux matériaux, isolation, construction… — sont très nombreuses et ne se limitent pas à l’industrie textile.