La Nawaracer® développée par NawaTechologies devrait rouler dès l’été 2021. © NawaTechologies

Des batteries disposant d’une autonomie deux à trois fois supérieure à celle des autres ; un temps de recharge de quelques minutes seulement.
C’est ce qu’annonce NawaTechnologies. Et, une fois n’est pas coutume, il semble bien que ce ne soit pas un buzz supplémentaire, qui restera sans lendemain.
Spécialiste des super-condensateurs, cette start-up française, implantée en Provence, entend en effet prouver que ses promesses ne sont pas des paroles en l’air…

Consortium d’entreprises tricolores

Comment ? Grâce au Nawaracer. Cette moto électrique devrait en effet effectuer ses premiers tours de roues dans les prochaines semaines. C’est-à-dire au cours de l’été 2021.
Pour ce faire, NawaTechnologies s’est alliée à plusieurs entreprises françaises, qui chacune maîtrise un élément de la Nawaracer.
Ainsi, AKKA Technologies a en charge le groupe motopropulseur, qui intègre le cadre en aluminium, la batterie et le moteur, intégré à la roue arrière. Akka trailles également, à cette occasion, sur un nouveau type de bras arrière, qui est lui-même équipé d’un système de suspension inédit.
Le développement de l’architecture et de la gestion électronique du deux-roues sont confiés au groupe Faar et à sa filiale Pornergy. Quant à NawaTechnologies, elle fournit donc la batterie de l’engin.
Très réussie esthétiquement, la Nawaracer n’a pas vocation à être produite en série. Sauf, précise l’entreprise, si un partenaire est intéressé…
L’objectif de NawaTechnologies n’est pas en effet de devenir constructeur de motocyclettes. Et quelle est alors son intention ? De créer les batteries du futur, qui permettront d’utiliser un véhicule électrique aussi facilement qu’un véhicule thermique.

Pour obtenir des performances exceptionnelles, la batteries de NawaTechnologies s’appuient sur des milliards de nanotubes de carbone alignés verticalement. © NawaTechnologie.

Made in France et compatible avec toutes les batteries

La technologie qu’elle a développée, qui repose sur l’utilisation de nanotubes de carbone, permet en effet de fabriquer des batteries plus légères, plus compactes. Et qui sont dépourvues de métaux rares ou polluants, comme le cobalt.
Ces batteries hybrides combinent la puissance procurée par des super-condensateurs et l’énergie d’une batterie lithium.
La solution proposée par NawaTechnologies peut en outre être combinée avec n’importe quel type de batteries commercialisées en 2021.
Résultat de cette hybridation : dix fois plus de puissance et cinq fois plus d’énergie. Et cela sans devoir attendre l’arrivée d’un nouveau type de batterie.
Selon nombre de spécialistes, les batteries solides — les plus attendues — n’arriveront probablement pas sur le marché avant la fin de la décennie (usine nouvelle).
Rappelons cependant qu’une batterie solide existe depuis plus de dix ans, en l’occurrence celle développée par BlueSolutions, la filiale du groupe Bolloré. Les BlueBus électriques qui circulent à Paris sont en effet équipés de batteries solides, comme feu les Autolib*.

Plusieurs projets sont en cours

Nawa Technologies mène plusieurs études et projets avec différents fabricants de batteries. C’est notamment le cas du projet Idoles, acronyme de Innovation et Développement d’Eléments Lithium-ion Optimisés à Electrolytes Liquide et Electrolyte Solide.
Outre Nawa Technologies, Idoles réunit le CEA de Grenoble et de Tours ; le laboratoire ICMCB (Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux) ; le Lepmi (Laboratoire d’Electrochimie et de Physicochimie des Matériaux et des Interfaces) de Grenoble et l’Ineris (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques), qui est implanté dans l’Oise.
Sans oublier le chef de file du projet, à savoir Saft. Le plus important fabricant français de batteries, filiale du groupe Total depuis 2016, espère mettre sur le marché une technologie de batterie « lithium tout solide » en 2025.

ACC, co-entreprise formée par Total/Saft et Stellantis, travaille avec NawaTechnologies. Ci-dessus, une représentation de la future Gigafactory qui va être construite par ACC dans le Nord de l’Hexagone. © ACC/Saft/Stallantis


C’est également à cette échéance que Nawa Technologies espère voir son “invention” se déployer à grande échelle.
Rappelons en outre que Saft a créé ACC — Automotive Cell Company – avec l’ancien PSA, aujourd’hui Stellantis, pour fabriquer ensemble des batteries de nouvelle génération.
Une usine pilote, à Nersac, est censée démarrer fin 2021. L’année suivante, une Gigafactory sera édifiée dans le Nord de l’Hexagone, puis une seconde Allemagne…
Le Nawaracer, que nous sommes censés découvrir prochainement, ne sera donc pas un simple exercice de style. Il donnera peut-être — sans doute ? — un aperçu du potentiel et des performances de futures batteries made in France.

* Inconvénient de la batterie Blue Solutions : elle doit être maintenue à température élevée — de l’ordre de 60 °C — ; d’où la nécessité de laisser les véhicules branchés en permanence lorsqu’ils ne circulent pas. Difficile pour la voiture de Monsieur Toute-le-Monde…