© Urbanloop

C’est un mini-métro. Ou un mini-tramway. C’est en tout cas un nouveau moyen de transport collectif qui se dessine dans l’est de l’Hexagone. Son nom : Urbanloop.
De quoi s’agit-il exactement ? De petites capsules de deux places qui permettent de se déplacer rapidement, en silence et en consommant très peu d’énergie. C’est en quelque sorte une hybridation entre transports individuel et collectif.
Le réseau et les infrastructures sont, en effet, fixes et partagés par tous les usagers, tandis que les « voitures » permettent de voyager seul ou à deux.
Cet argument revêt une importance particulière en période de pandémie, mais pas seulement. Nombre d’hommes et de femmes préfèrent en effet utiliser leur voiture personnelle plutôt que de voyager avec « d’autres », avec ou sans microbes. Conséquences : bouchons, pollutions et nuisances sonores pour tout le monde.

Concilier réseau de transport et souplesse d’utilisation

Grâce à Urbanloop, promoteurs des transports en commun et inconditionnels des moyens de locomotion individuels peuvent être pour l’essentiel réconciliés.
Ce projet appartient à la famille des PRT (Personal Rapid Transit), c’est-à-dire des transports de point à point sans attente, sans arrêt intermédiaire ni correspondance. Les PRT ne sont pas nouveaux puisqu’ils sont apparus au cours des années 1960. Plusieurs projets ont été amorcés à travers le monde, sans jamais se concrétiser.
Plus d’un demi-siècle plus tard, les progrès de l’automatisation, de l’informatique et de l’intelligence artificielle les remettent au goût du jour. Et les rendent semble-t-il parfaitement réalisables aujourd’hui. Ces progrès permettront peut-être, aussi, de redonner vie à certaines lignes ferroviaires depuis longtemps abandonnées par la SNCF.

Une centaine d’élèves ingénieurs lorrains travaillent sur Urbanloop depuis 2017.


Né en 2017 à l’initiative de l’INP, l’Institut national polytechnique de Lorraine, Urbanloop est développé par une centaine d’étudiants de quatre écoles d’ingénieurs locales. Elles ont été rejointes par quatre nouvelles écoles en 2020. À ces acteurs s’ajoutent trois laboratoires de recherche ainsi que plusieurs entreprises privés, qui ont permis la mise au point et la fabrication d’un premier prototype en 2019.

Une solution à la fois écologique et économique

Un prototype, opérationnel, qui a battu un record du monde en mai 2021 : celui de la plus faible consommation d’électricité pour un transport autonome sur rail, soit 0,5 centime d’euro du kilomètre. Pas mal, alors que l’objectif initial était de 1 centime pour 1 kilomètre, parcouru en 1 minute.
Les capsules, qui outre le(s) passager(s) peuvent accueillir un fauteuil roulant ou un vélo, sont propulsées par de petits moteurs électriques. Ceux-ci sont alimentés par des rails en Très basse tension de sécurité (TBTS).
Aucun risque par conséquent de s’électrocuter en touchant ces rails. Ces mêmes capsules n’embarquent pas de batterie, mais des super-condensateurs, grâce auxquels l’énergie stockée lors des freinages est restituée, pour les démarrages notamment.
Quant au réseau Urbanloop, il serait en grande partie semi-souterrain en ville et aérien en dehors. Une des pistes de développement serait de relier des parkings auto implantés aux portes des villes au centre de ces villes, grâce à Urbanloop.

Lors du record du monde de la plus faible consommation d’électricité, le 28 mais 2021.

L’Urbanloop à Paris pour les JO ?

Et comment utiliser Urbanloop ? Grâce à son mobile, qui permettrait d’ouvrir les portes d’une capsule et de s’y installer, puis de choisir sa destination. Le trajet se ferait ensuite automatiquement, en silence et à la vitesse maximale de 60 km/h.
Prochaine grande étape du projet : la possible construction d’une ligne pour relier certains sites des Jeux olympiques de Paris, en 2024.
L’objectif des inventeurs d’Urbanloop n’est pas de remplacer les transports en commun qui existent déjà dans les grandes villes, mais de les compléter.
Il s’agit aussi d’offrir une solution économique aux petites villes, qui n’ont pas les moyens financiers de construire un réseau de tramways, et moins encore de métro. La construction d’un kilomètre d’Urbanloop coûterait en effet environ dix fois moins cher qu’un kilomètre de tramway et cent fois moins qu’un métro.
Tout en préservant leurs avantages en termes de fluidifié de circulation, de bruit et de pollution par rapport à un réseau de bus thermiques.