
Les plantes sont parfois médicinales, aromatiques, alimentaires ou ornementales, quand d’autres contiennent des fibres textiles. D’autres encore sont dites tinctoriales ; elles étaient jadis utilisées pour teindre, les textiles notamment, jusqu’à leur remplacement par la toute puissante industrie pétrochimique et ses teintures artificielles. Depuis le début du 20e siècle, ces teintures chimiques, qui ne sont ni durables – les réserves de pétrole ne sont pas sont illimitées – ni saines, ont presque totalement remplacé les teintures issues des plantes. Certains minéraux, dont les ressources sont elles aussi limitées, sont également utilisés comme pigments. Pourtant, les plantes se renouvellent, saison après saison : elles poussent, on les cueille et on en extrait le colorant, que l’on utilise ensuite pour différents usages. Alors pourquoi 99 % des entreprises de l’industrie cosmétique recourent-elles aux colorants synthétiques ? Parce qu’ils sont faciles à produire et très bon marché. Pourquoi se compliquer la vie ?

Privilégier la santé à la facilité
Ce n’est pas la voie suivie par Le Rouge français. Cette entreprise a, en effet, décidé de n’utiliser que des produits naturels pour créer et fabriquer ses rouges à lèvres, vernis à ongles, mascaras, eyeliners, crayons, blushs, baumes, gommages et autres poudres. Tous sont formulés à base d’huiles, de beurres, de cires et de divers ingrédients dotés de principes actifs naturels, issus de l’agriculture biologique. Les différentes gammes du Rouge français sont exemptes de produits chimiques dont les effets sont, fréquemment, nuisibles, voire dangereux pour la santé. Ainsi, si le dioxyde de titane (ou TiO2 est) a été banni de l’agroalimentaire le 1er janvier 2020 – selon les spécialistes, il présente un risque cancérigène avéré –, ce composé est toujours autorisé comme ingrédient cosmétique, sous la forme de micro-particules. Le Rouge français a jugé préférable de ne pas y recourir, notamment parce que, au cours de sa vie, une femme ingérerait, en moyenne, 4 kg de rouge à lèvres. Les risques sont donc réels. Pour donner de la couleur aux composants naturels utilisés, Le Rouge français recourt donc à des teintures extraites de plantes tinctoriales.

Une pratique plusieurs fois millénaire
L’utilisation de ces colorants naturels remonte à la préhistoire, comme l’attestent les peintures rupestres découvertes à Lascaux notamment. En Égypte ancienne, on utilisait couramment la garance pour obtenir des rouges profonds ou l’indigo pour toutes les nuances du bleu. Idem au cours des siècles les plus reculés en Inde, en Chine, puis au cours de l’Antiquité et du Moyen Age. Tout au long de ces siècles, de ces millénaires, la garance, le pastel ou encore la gaude ont donné des couleurs à la vie des hommes. Au bout du compte, l’utilisation des colorants artificiels ne représente qu’une infime période dans l’histoire de l’humanité. C’est pour renouer avec cette pratique et un savoir véritablement ancestrale, mais aussi pour l’innocuité de ces extraits de plantes qu’Élodie Carpentier, ingénieure en biotechnologie, a cofondé Le Rouge français, dont elle est directrice générale. Pour créer ses produits, l’entreprise développe des formules propriétaires et brevetées, qui lui permettent de largement dépasser les minima requis pour bénéficier de l’appellation bio. Elle peut en outre s’appuyer sur une immense bibliothèque de plantes et de colorants, élaborée au fil des siècles. Parmi les plus couramment utilisés par la PME tricolore, on trouve notamment la garance, le sorgho, l’indigo, la châtaigne de Corse ou encore la rose de Damas.

Fabrication française et matériaux naturels
Le Rouge français soigne également l’emballage et la présentation de ses produits. Ainsi, l’élément transparent des rouges à lèvres, baptisé « écrin », est fabriqué à partir d’huile de ricin. Il n’est pas fait pour être jeté, mais conservé ; lorsqu’un « tube » de rouge est terminé, il suffit d’acheter une nouvelle cartouche – en aluminium – et de l’intégrer audit écrin. De même, les étuis de conditionnement sont fabriqués à partir de bois certifié FSC qui provient de forêts françaises éco-gérées, selon la formule consacrée. Haut de gamme, ces cosmétiques 100 % made in France ne sont pas particulièrement bon marché. Pour autant, ils sont beaucoup plus abordables que ceux commercialisés par les grands noms du luxe français, pourtant constitués d’ingrédients chimiques, de colorants synthétiques et d’éléments en plastique. Quant au made in France, il n’est plus la règle depuis longtemps, même chez Hermès, pourtant référence en la matière. La célèbre maison propose ainsi des articles importés d’Italie, du Japon voire d’Allemagne. Avec Le Rouge français, pas de question à se poser : tout est fabriqué localement, même les pinceaux. En plus d’être bio et vegan, ce qui n’est pas non plus le cas des produits de luxe.
Le Rouge français : cosmétiques naturels, bio, vegan et 100 % made in France.




