Il y a près de quinze ans, en 1995, PSA Peugeot-Citroën commercialisait sa première voiture électrique. Dix ans plus tard et après avoir écoulé environ 10 000 modèles — 106, Saxo, utilitaires… —, le constructeur jetait l’éponge. Demain, alors que l’heure de l’électricité semble enfin venue, PSA se limitera à la vente de l’iMIEV, un modèle Mitsubishi logoté Peugeot. Idem pour le Scoot’élec, le deux-roues électrique lancé en 1996, dont Peugeot arrêtera également la production. Aujourd’hui, les scooters électriques sont chinois, voire états-uniens ou italiens. On peut bien sûr reprocher au public de ne pas avoir répondu à l’audace de PSA. On peut aussi regretter que le groupe ne soit pas en adéquation avec les attentes des consommateurs. Quant à l’autre grand constructeur français, il ne semble pas pressé : il n’y aura ainsi pas de véhicule électrique Renault-Nissan en France avant 2012. Il faudra donc compter sur d’autres marques pour mettre prochainement sur le marché des modèles écologiques Made in France. Il y a d’abord les constructeurs de voiturettes, ces petits véhicules que l’on peut conduire sans permis. Ils se sont en général « contentés » de remplacer l’ancien moteur thermique par un électrique, sans oublier bien sûr d’ajouter des batteries. Cette nouvelle motorisation, couplée à un encombrement minimal, fait de ces quadricycles lourds — comme ils s’appellent officiellement — un moyen de locomotion intéressant pour qui entend circuler proprement et au sec dans les rues des villes, sans pour autant prendre les transports en commun. Aixam, le numéro 1 en France et en Europe, et sa filiale Méga proposent par exemple la e-City, ainsi que de petits utilitaires électriques. Les constructeurs Microcar et Ligier, qui appartiennent désormais au même groupe, optent également pour l’électricité. Le premier commercialise ainsi la M.GO, le second mettra la X-TOO R Sun sur le marché à la fin de l’année 2009. Goupil limite quant à lui sa production aux utilitaires. En marge de ces constructeurs déjà établis, de nouveaux acteurs arrivent, bien décidés à faire de la voiture électrique le véhicule de demain. Ainsi Luménéo, qui commercialise depuis le dernier Mondial de l’Auto (octobre 2008) son étonnante Sméra, hybride très haut du gamme du scooter C1 BMW et de la Smart, mais propulsé grâce à l’électricité. Deux places, l’une dernière l’autre, quatre roues, 130 km/h en vitesse de pointe et 150 kilomètres d’autonomie, la Sméra a d’indéniables atouts pour séduire les citadins, aisés. Depuis ce mois-ci (mars 2009), l’entreprise Little Cars fabrique et commercialise quant à elle la Four, une ravissante version modernisée et « environnementalement » correcte de la Mini Moke des années 1960. Cette voiture se conduit sans permis dès l’âge de 16 ans (permis B1), permet de parcourir 60 kilomètres environ sans recharger les batteries, cela à la vitesse maximale de 45 km/h. Ce sont également les très jeunes conducteurs que vise la toute nouvelle entreprise Courb avec sa C-Zen, petit buggy électrique et high-tech, bardé d’équipements de sécurité, encore en cours de développement à ce jour.
Jadis fabricant de voitures de sports, Venturi conçoit désormais des véhicules électriques très originaux. Cette jeune entreprise – elle a en fait racheté le nom Venturi –, basée à Monaco, a ainsi développé la Fétish, une GT 100% électrique qui, malheureusement, ne s’adresse qu’aux plus fortunés. A partir d’octobre 2009, Venturi commercialisera également l’Eclectic, le premier véhicule énergétiquement autonome grâce à des panneaux solaires et à une petite éolienne. Cette trois places, qui ne pourra dépasser les 45 km/h (permis B1, dès 16 ans), sera construite en série dans une toute nouvelle usine établie dans la Sarthe. Objectif à terme : une production de 3 000 unités par an. A toutes ses image-4nouveautés, conçues et construites en France, s’ajoutera la Bluecar, mise au point par la coentreprise Bolloré-Pininfarina, qui sera assemblée en Italie (les batteries seront pour partie fabriquées en Bretagne). Il s’agira d’une « vraie » voiture – quatre personnes pourront y prendre place –, capable de circuler à 130 km/h, son autonomie atteignant 200 kilomètres en ville, voire 250 en parcours mixte. Proposée uniquement à la location  – 330 euros par mois ont été évoqués –, elle sera commercialisée à partir de mars 2010 seulement. image-3Mais comme le dit Vincent Bolloré, « L’essentiel est d’arriver dans le bon timing, avec suffisamment de bornes de recharge, un réseau dédié étoffé et une sensibilisation de l’opinion plus forte. » Des considérations que semble avoir oublié PSA en son temps… Reste la question du prix, encore très élevé — de 15 000 à 25 000 euros — pour des véhicule qui roulent moins vite et moins longtemps que leurs équivalents polluants. Mais outre les aides de l’Etat, qui peuvent atteindre 5 000 euros, n’oublions pas que le prix d’achat comprend les batteries, autant dire le carburant, puisqu’il suffit bien souvent ensuite de moins de un euro pour parcourir 100 kilomètres. Il faut en dépenser dix fois plus pour couvrir la même distance avec une voiture traditionnelle, et davantage encore en ville.