Les producteurs de lait sont fort mécontents et le font bruyamment savoir. Qui accepterait en effet, et sans broncher, une baisse de 30% de ses revenus ? Ce que cette nouvelle crise rappelle, c’est que baisse des prix en amont – lors de l’achat aux producteurs – n’est pas forcément synonyme de baisse des prix en aval – lors de la vente aux consommateurs. Il sera à cet égard intéressant d’observer les prix dans les cafés et les restaurants après la prochaine baisse de la TVA…
Mais qu’y a-t-il d’étonnant à cela ? C’est en effet une constatation générale, et ce quel que soit le secteur observé. Dans leur malheur, les producteurs de lait ont qui plus est une chance : celle de ne pas être soumis à la concurrence des pays à bas coûts. Le récent scandale du lait chinois empoisonné devrait en outre calmer quelque temps toute velléité de s’approvisionner de ce côté-là…
Les fabricants de textile, de jouets ou de chaussures n’ont pas eu cette chance. Plutôt que d’avoir à négocier des baisses – de toute façon insuffisantes à leurs goûts – auprès des producteurs 
Les producteurs français de lait devraient cependant faire attention à ne pas trop mécontenter ceux qui transforment et vendent leur production aux consommateurs, car demain, si les règles en vigueur – ou plutôt l’absence de règles – restaient ce qu’elles sont, industriels et grande distribution pourraient bien décider d’acheter leur lait en Pologne, en Ukraine ou ailleurs. Sans pour autant baisser leurs prix de vente, cela va sans dire.




