toilettes3Et si nous parlions lunettes ? Non pas lunettes d’acétate, d’écaille ou de titane, que l’on pose délicatement sur son nez, mais lunette de toilettes, sur laquelle tout un chacun effectue de temps à autre une petite pause.
Il y a un an environ, l’installation d’un nouvel abattant m’a occasionné une de ces colères dont je suis coutumier lorsque je découvre les défauts, la mauvaise qualité ou la conception pitoyable d’un produit que je viens d’acheter. Peu de choses m’irritent davantage que les objets qui font de travers ce pour quoi ils sont conçus. Ce fameux couvercle de toilettes en pseudo-bois, qui m’avait coûté un peu plus de quarante euros, était tout simplement impossible à installer, malgré la mention « universelle »  figurant sur la boîte. J’aurais dû le rapporter, mais bon… Après avoir bricolé tant bien que mal un système qui me permit — après deux bonnes heures d’acharnement — de faire tenir la chose en équilibre à peu près stable sur la cuvette des toilettes, je pensais être tranquille pour un bon moment. Naïf que j’étais ! Quelques semaines plus tard, la lunette reprit en partie son autonomie : elle se décalait tantôt à gauche, tantôt à droite. Lors de chaque escale, la peur de la chute sur le carrelage nous étreignait — les enfants tout particulièrement, qui apprivoisaient les toilettes « de grands ». Nouvelle séance de rafistolage, nouveau répit, même si la mobilité anormale de cet ovale blanc ne présageait rien de bon. Et ce qui devait arriver arriva : le week-end dernier, l’une des interminables vis de fixation a fini par lâcher, rendant la sale bête définitivement inutilisable. Fabriqué en Chine, vendu par une marque française — dont la spécialité est le design, si l’on croit son nom —, ce noble objet aura au final duré un an, soit juste le temps de la garantie.
J’ai donc repris le chemin du magasin pour acheter un nouvel abattant, bien décidé cette fois à ne pas repartir avec un article vendu par une de ces trop nombreuses marques qui se contentent désormais d’acheter ailleurs pour revendre ensuite en France, après avoir appliqué une confortable marge. Mon choix c’est finalement porté sur un modèle simple, de milieu de gamme, en « bois réticulé », fabriqué dans les Ardennes par Olfa, le spécialiste français de ce genre d’articles.  Prix de cette folie : 85 euros. Tout de même ! J’aurais certes pu opter pour un « truc » à 45 euros, comme la fois précédente… avec la perspective de revenir dans un an pour dépenser alors 50 euros, inflation oblige. Soit sur trois ans plus de 130 euros ! Ma nouvelle acquisition, garantie cinq ans, a été installée en dix petites minutes, grâce à un très astucieux système que je ne vais pas décrire ici. Elle tient parfaitement en place, elle est fort confortable et, en outre, beaucoup plus design que la précédente. Les industriels français ne sont pas très doués pour faire des voitures haut de gamme. Mais pour les abattants de toilettes, ils ne semblent craindre personne…