« Il faudra du temps pour réparer les dégâts causés par des dispositions que des lobbyistes et les représentants d’intérêts particuliers ont introduites subrepticement dans notre code des impôts, mais, grâce aux mesures que j’annonce aujourd’hui, nous commençons à sévir contre les Américains qui violent les règles ou les interprètent à leur convenance », a averti M. Obama. Le nouveau président américain entend donc s’attaquer concrètement à l’évasion fiscale et à l’une de ses causes, les délocalisations. En implantant des filiales à l’étranger, et rarement où la fiscalité est contraignante, les entreprises qui délocalisent finissent en effet, grâce à de multiples tours de passe-passe, par échapper à la fiscalité de leur pays d’origine. A cette fuite de capitaux s’ajoutent bien sûr les destructions d’emplois dans les usines délocalisées et, à moyen et long termes, des pertes irréparables de savoir-faire. Ces conséquences, qui pèsent sur la communauté dans son ensemble, sont dictées par la défense d’intérêts d’une minorité, des « intérêts particuliers », pour reprendre les propos du président américain, défendus par des « lobbyistes ». Après avoir mis en accusation les banques suisses qui aident certains Américains à échapper à l’impôt, et alors que le Congrès a décidé de taxer à 90% les bonus touchés par certains patrons ou « cadres de haute volée », M. Obama veut aujourd’hui sévir « avec les Américains qui violent les règles ou les interprètent à leur convenance » ». Les Etats-Unis étaient il y a peu encore le modèle à suivre pour notre gouvernement. Vont-ils le rester encore longtemps?