Mauvaise passe pour les fabricants d’équipements de la maison qui opèrent encore dans l’Hexagone. La société Capdevielle, qui produit des canapés et des fauteuils d’entrée de gamme, a en effet été placée en redressement judiciaire en mai dernier. L’entreprise, qui appartient à GMS Investissements – un fonds américano- luxembourgeois – a déjà perdu la moitié de ses salariés environ ses dernières années. Ce sont 317 personnes qui doivent à présent être licenciées sur le site de d’Hagetmau, dans les Landes, sur un effectif total de 714.
A l’autre bout de la France,  les 300 salariés de Chaffoteaux & Maury assistent quant à eux à la mort lente de leur entreprise, née en Bretagne en 1915, et dépecée progressivement par MTS (Merloni Thermo Sanitari), son actuel propriétaire italien. Celui-ci a déjà déménagé les machines de la plus grosse chaîne de l’usine de Saint-Brieuc pour les installées en Italie.
En Alsace, la société CSI, qui fabrique les fers à repasser et les centrales vapeur de marque Domena, a également été placée en redressement judiciaire. Cette entreprise, filiale du groupe alsacien Superba (fabricant de machine pour l’industrie textile), est victime d’une baisse importante de son marché export, en Grande-Bretagne et au Japon notamment, qui représente un tiers de son activité. Ce recul a réduit à néant le transfert de production d’Asie en Alsace des modèles haut de gamme d’Astoria, une autre filiale de Superba, et menace dangereusement l’avenir des 156 salariés de CSI.
Enfin, l’entreprise Manuest, qui fabrique dans les Vosges des cuisines équipées vendues sous la marque Vogica, va perdre 248 de ses 382 salariés. VGC, son actionnaire à hauteur de 70% – contrôlé par le fonds Arcapita, lui-même filiale d’Arcapita Bank, basé au Bahreïn –, a décidé de cesser purement et simplement la fabrication de cuisines montées pour ne conserver que celle d’éléments en kit. D’Ouest en Est et du Nord au Sud de l’Hexagone, finance et mondialisation poursuivent encore et toujours, patiemment, leur travail de sape.