C’est suffisamment rare pour être signalé : des entreprises productrices de biens de consommation courante investissent et embauchent en France, aujourd’hui. Commençons par la suisse Weleda, qui fabrique des produits cosmétiques et des médicaments naturels.
Ce groupe a en effet lancé, en ce mois de juillet 2009, d’importants travaux d’extension et de réaménagement de son site de Huningue, situé entre Bâle et Mulhouse, dans le Haut-Rhin. Ce vaste projet, qui bénéficie d’une enveloppe de 18,5 millions d’euros, devrait s’achever fin 2011. Il devrait en outre permettre une cinquantaine d’embauches, ce qui portera alors l’effectif du site à 400 salariés.
Si le créneau des produits bio est incontestablement à la mode — pour preuve, les produits que les plus grands groupes mondiaux du cosmétique proposent à présent —, Weleda a fait des ingrédients strictement naturels son credo depuis ses origines. Cette entreprise pionnière récolte notamment ses propres plantes et fleurs, qu’elle cultive, par exemple, dans ses deux jardins alsaciens.
Changement complet de décor avec le groupe Legrand, originaire du Limousin. Ce fabricant d’équipements électriques, qui produit entre autres des interrupteurs, des prises, des panneaux de commande, etc., va quant à lui investir 4,3 millions d’euros d’ici à la fin de l’année dans son usine normande de Malaunay. Ce site de Seine-et-Marne, d’où sortent alimentations électriques, transformateurs, armoires métalliques, bornes et  colliers —,  emploie 500 personnes. Il s’agit de renouveler l’outil industriel et d’améliorer les qualités énergétiques et environnementales des bâtiments. Des investissements qui visent visiblement à préparer l’avenir. Rassurant pour les salariés…
Même démarche pour le groupe Clairefontaine-Exacompta, qui lance la construction d’un centre logistique ainsi que la modernisation de son outil de production de papier sur le site vosgien d’Etival. Coût total de l’opération : 13,5 millions d’euros. Autre perspective, la construction d’une unité de production d’électricité et de vapeur par biomasse. Selon Jean-Olivier Roussat, directeur général du groupe, « Ce projet vise à réduire la facture énergétique de la papeterie et ainsi à lisser nos coûts de production ». Plutôt rare de nos jours de vouloir « lisser ses coûts de production » autrement que par des licenciements… Outre les produits des deux marques éponymes, les agendas QuoVadis et Mignon, les blocs Rhodia ou encore les encres J. Herbin font également partie du groupe Clairefontaine-Exacompta.