Harold Lloyd, dans "Safety Last".

« Et si le changement d’heure, c’était le moment de changer de montre ? » Cette surprenante suggestion conclut un petit message publicitaire entendu ces derniers jours sur France Inter (1), Europe 1, RMC et France Info. L’auteur, c’est le C.P.D.H.B.J.O. (Comité professionnel de développement de l’horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie et de l’orfèvrerie).
Aurait-on enfin touché le fond de la bêtise sur-consommatrice, écervelée et irresponsable ? Peut-être. Plutôt que de faire faire manuellement un gentil petit tour aux aiguilles de sa fidèle tocante, mieux vaudrait donc se précipiter à la bijouterie la plus proche, pour faire l’emplette d’un nouveau modèle — probablement made in je-ne-sais-où. Après tout, nous avons deux poignets, pourquoi n’en utiliser qu’un ?
Envisageons ensemble le radieux avenir de nos ondes radio et autres, quand le formidable potentiel de « sortie de crise » de ce type de messages aura été exploité par nos amis communicants. A Noël, on nous dira de remplacer nos vieilles pantoufles, même pas trouées, pour avoir les plus jolis chaussons sous le sapin ; à la Saint-Valentin, il faudra faire place nette dans le tiroir à lingerie pour renouveler notre potentiel de séduction ; à Pâques, jeter l’assortiment de coquetiers de mère-grand… Les événements récurrents qui ponctuent l’année, autrefois empreints de sens religieux, sont devenus des occasions sociales : réunions de famille, d’amis, de couples… Des occasions aujourd’hui propices à une consommation ritualisée de cadeaux, de fleurs, de chocolats, etc., pour « respecter la tradition ». Soyons vigilants. Jeter ou mettre au placard ce qui nous sert encore pour racheter un objet à l’usage identique ? Messieurs les horlogers, voilà une logique digne du XXe siècle… pas du XXIe.

(1) Radio d’Etat + Grenelle de l’environnement = incitation à la surconsommation. Cherchez l’erreur…

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