C’est bien connu, la hifi est une spécialité japonaise ! Pourtant, les appareils Sony, Denon, Marantz, Yamaha, JVC ou Onkyo sont aujourd’hui en grande partie made in China. La solution pour échapper aux chinoiseries ? Le matériel audiophile. L’obstacle ? Le prix.
Ici, ce n’est plus le nombre de boutons, de diodes ni de watts qui prévalent, mais la qualité du son. Dans cette « spécialité », les marques japonaises ne sont plus les seules sur le marché et la fabrication chinoise se fait plus rare. Attention cependant : les marques chinoises de matériel audiophile sont depuis quelques années déjà une réalité. Doit-on y voir le signe avant-coureur de ce qui se produira dans tous les domaines, lorsque la Chine n’aura plus besoin d’être l’atelier des marques étrangères pour exister ?
Et la France dans tout ça ? Totalement absente de l’électronique grand public depuis la disparition de Thomson — désormais baptisé Technicolor, on croit rêver ! — , elle est bien présente sur la hifi haut de gamme, grâce à de nombreux petits fabricants. Parmi eux, Atoll, sans doute la marque la plus abordable financièrement.
Atoll est née en Normandie il y a une petite quinzaine d’années. Contrairement à nombre d’autres fabricants nationaux reconnus, sa spécialité n’est pas l’enceinte acoustique, mais l’électronique. Atoll fabrique en effet dans son usine de Brécey toute une gamme de lecteurs CD, d’amplis intégrés, de préamplis et d’amplis de puissance, sans oublier les tuners, les amplis audio-video (home-cinema) et les lecteurs DVD. Bien entendu, les composants électroniques sont d’origine asiatique, comme c’est le cas pour tous les fabricants. En revanche, la conception, le design, le montage, les soudures, sans oublier l’usinage et la tôlerie, tout est made in Normandy. Chez Atoll, pas d’esbroufe : sur les premiers prix par exemple, on privilégie le son au gadget. Tant pis si la télécommande devient optionnelle… Les machines conçues et fabriquées par Atoll reçoivent régulièrement des récompenses de la presse audio, et pas seulement en France. L’entreprise normande exporte d’ailleurs dans une vingtaine de pays. Pas de risque — ou de chance ? — en revanche de trouver ses productions en vente chez Darty ou à la Fnac. Pour écouter du Atoll — car on écoute avant d’acheter, et si possible avec ses propres CD —, il faut se rendre chez un des revendeurs de la marque. Heureusement, il y en a environ quatre-vingt-dix, répartis sur tout l’Hexagone.