Sports d'hiver

Quelle est aujourd’hui la proportion de produits vendus par les fabricants français de matériel de sports d’hiver qui soient encore made in France ? De plus en plus mince, malheureusement. Salomon est désormais une entreprise finlandaise qui produit en Europe de l’Est et en Asie. Si Rossignol a quitté le giron de l’Américain Quiksilver, c’est pour se retrouver entre les mains de financiers australo-américains. Résultat : des coupes claires ont une nouvelle fois été opérées au sein des effectifs hexagonaux à Nevers (Look), à Moirans et à Sallanches (Dynastar).
Pour simplifier, le seul moyen d’acquérir des skis fabriqués dans nos montagnes est à ce jour d’opter pour des haut de gamme Dynastar et pour quelques Rossignol. L’autre option est de choisir le matériel fabriqué par les quelques artisans et PME qui perpétuent le savoir-faire hexagonal. Mais forcément, le choix est plus limité et les tarifs sont en général plus élevés. Parmi ces fabricants, on peut citer Tardy, spécialiste du ski en bois ; Bohême, qui fabrique également des skis en bois, mais très haut de gamme ; Aluflex, artisan en activité depuis plus d’un demi-siècle ; Eloura-Blacksmith, qui fabrique skis et snowboards dans l’Isère depuis une vingtaine d’années, ou encore le jeune duo de Bumtribe. L’Ardéchois Clone-ind est quant à lui un spécialiste du snowboard, le Jurassien Vandel du ski de fond, le Savoyard TSL de la raquette à neige. Quant à Yooner, son truc, c’est le Yooner, justement.

Des vêtements fabriqués en France ?
Si les délocalisations ont déjà fait beaucoup de mal à celles et à ceux travaillaient chez les grands fabricants de matériels, que dire alors des salariés de l’habillement ? Toutes les plus grandes marques ou presque ont cessé leur activité industrielle dans l’Hexagone. Quelques rares exceptions ? SNC International, une entreprise qui, même si elle a transféré en partie son activité en Tunisie, continue officiellement de fabriquer des blousons, combinaisons et autres pantalons de ski en France, à Epagny. Elle ne dispose malheureusement toujours pas de site Internet et ses produits ne sont pas étiquetés made in France. Le doute est donc permis… Vertical*, qui avait depuis longtemps délocalisé sa production, et qui commercialise cette année une veste 100 % made in France, premier modèle d’une future gamme complète. Le fabricant breton Guy Cotten propose quant à lui un large choix de pulls et de vestes, de bonnets, d’écharpes et tours de cou en polaire, tout à fait adaptés à la montagne. Sans oublier quelques sous-vêtements en matériaux anti-transpirants. Son « compatriote » Itoha fabrique lui aussi, dans les Côtes d’Armor, de nombreux vêtements en polaire, tandis qu’en Bourgogne, chez Monnet, on tricote toutes sortes de chaussettes pour le sport. Côté chaussures, pour les promenades en montagne, Galibier-Parachoc propose quelques modèles classiques en cuir. Des modèles que l’on retrouve également chez Canin, qui les confectionne sur mesure. Pour les chaussures de ski, RAS. Vous n’en trouverez aucune fabriquée en France, à moins de pratiquer le ski de randonnée et d’avoir les moyens d’acheter des Pierre Gignoux… Comme solution de repli, on peut choisir des Lange — groupe Rossignol —, qui sont made in Italy. Même désert hexagonal pour ce qui est des gants de ski… Pour les bonnets, il y a Pipolaki (ou Redeye), dont les modèles sont fabriqués en France et en Italie, ou Golden Hook, qui les fait tricoter en Ile-de-France, par des grands-mères. Enfin, pour ce qui est des masques et des lunettes, depuis que Cébé et Bollé sont partis en Chine, il ne reste plus guère que Vuarnet (racheté par Mikli, ce qui peut changer la donne) et Parasite

*Vertical a depuis été racheté par Raidlight, qui n’a pas poursuivi la fabrication de ce produit.

Vers la rubrique « Sports d’hiver »