© Hôtel de Crillon

Si même le luxe s’y met, il est permis d’espérer ! Un article paru dans le quotidien La Tribune du 13 août dernier nous apprend que le chef des Ambassadeurs, le très select restaurant de l’hôtel de Crillon, a choisi de mettre ses clients fortunés au régime. Plus exactement de ne plus proposer que des aliments locaux. « J’ai décidé de n’utiliser que nos beaux produits français de proximité », explique ainsi Christopher Hache. Fini les produits exotiques et les fruits hors saison. En revanche, il sélectionne les meilleurs fournisseurs hexagonaux de viande, de poisson, de fruits et de légumes. Evidemment, cet engagement écologique ne fait pas que des heureux. « Je reconnais qu’il est parfois difficile de dire non à un client qui réclame des fraises en janvier, avoue Christopher Hache. Mais il est de notre responsabilité de leur faire comprendre qu’il faut respecter les cycles de reproduction des espèces, les saisons, la nature. Chacun doit prendre conscience de l’enjeu. » Il faut un certain courage à ce cuisinier et à son employeur pour oser déstabiliser la clientèle. Le courage de voir des hommes et des femmes mécontents, peu habitués à s’entendre répondre « non », fuir leur établissement pour un autre plus accommodant. « Si on ne peut même plus obtenir tout ce que l’on veut quand on a beaucoup d’argent, à quoi bon ! »
Rêvons un peu. Les concurrents du Crillon adoptent la même attitude responsable… Les fabricants d’automobiles avertissent leurs acheteurs que les véhicules de 400 chevaux, c’est fini. Même en y mettant le prix. Rue Saint-Honoré, les vitrines ne présentent plus que des manteaux de fourrure synthétique, tandis que place Vendôme, les diamants de Sierra Leone ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Fini les caprices d’enfants gâtés…
On peut toujours rêver. Mais qu’un jeune chef de palace parisien transforme ce rêve en réalité, c’est  beau !