© La Font du ciel

Les grandes entreprises ont-elles seules les moyens de vendre à l’étranger ? La Font du ciel, qui exporte 80% de sa production, prouve le contraire. Si la taille ne fait rien à l’affaire, l’ouverture sur le monde est en revanche indispensable. Le talent aussi. Ces deux « ingrédients », Helmut Frerick, le créateur de La Font du ciel, les possède assurément. Venu d’Allemagne, il s’est installé à Charrus, dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche, en 1994. Cet ingénieur en science de la nutrition, également plasticien, est l’un des spécialistes internationaux du travail du papier. Comment cet « artiste scientifique » exprime-t-il son talent ? En créant des luminaires-sculptures en parchemin végétal. Ce matériau de prédilection, Helmut Frerick en est le seul spécialiste en Europe, ce qui lui vaut d’animer régulièrement stages et séminaires dans des écoles d’art, en France et ailleurs. Lors d’un salon professionnel, un industriel chinois lui a même proposé de monter pour lui un atelier en Chine. Attaché à son indépendance, Helmut Frerick a décliné. Cela ne l’empêche pas d’assurer des formations pour les élèves de l’Ecole Boulle ou pour différents établissements d’art d’outre-Rhin.
Contrairement au papier, les fibres de chanvre et de lin utilisées pour le parchemin ne sont jamais cuites, ce qui préserve toute leur rigidité. La particularité du procédé de fabrication réside dans le traitement de la matière, travaillée sous sa forme liquide et non mise sous cadre et tamis traditionnels. « J’obtiens le même aspect tactile et visuel que le parchemin traditionnel, souvent du veau ou de la chèvre. Mon parchemin est rigide et flexible à la fois, résistant aux chocs, translucide. » Ce matériau possède une autre propriété étonnante : lorsqu’il sèche, il se rétracte sensiblement, ce qui confère aux luminaires La Font du ciel leur forme et leur aspect mystérieux. Enfin, la lumière diffusée au travers des cocons, meringues, huîtres et autres paravents de parchemin est chaude, douce et diffuse, dépourvue de toute agressivité.

Production locale
Alors qu’il était artiste plasticien, Helmut Frerick utilisait nombre de produits chimiques. Il prit conscience que l’activité artistique pouvait elle aussi porter préjudice à l’environnement. Il est depuis resté fidèle à sa volonté de bannir tout solvant, pour n’employer que des composants naturels. C’est ce respect de l’environnement qui l’incite également à privilégier la production locale pour les luminaires La Font du Ciel : les fibres végétales viennent de France ou d’Europe, les constructions métalliques de France, la pierre est locale, les câbles, éléments de suspension et petites pièces électriques sont d’origine européenne. Quant aux baldaquins, qui cachent les branchements, ils sont fabriqués en bois local par un tourneur, les constructions métalliques complexes sont fournies par un ferronnier d’art de la région.
Les acheteurs de luminaires La Font du ciel sont pour beaucoup des professionnels, qui souhaitent donner à leur établissement — hôtel, bar, restaurant, etc. — une atmosphère chaleureuse et reposante. «  Mes clients aiment le côté organique et insolite. Ce qui les intéresse aussi, c’est de pouvoir personnaliser leur projet. Je peux travailler d’après des dessins du client et proposer du sur-mesure. » Les particuliers peuvent aussi acquérir ces pièces uniques, ces œuvres dont certaines figurent déjà dans des musées de Suisse, de Hongrie, des Etats-Unis et de Brésil. Mais avant d’être des pièces de musées, les productions de La Font du ciel restent des luminaires…