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Les énergies nouvelles ne sont pas à la fête ces derniers temps, qu’il s’agisse du solaire ou de l’éolien. Après avoir subi les foudres raboteuses des pouvoirs publics, après les révisions successives à la baisse des tarifs de vente à EDF, ce sont désormais les grands projets qui sont gelés.
Le gouvernement traîne ainsi de plus en plus les pieds pour lancer concrètement le projet de parc éolien offshore des Deux-Iles, qui n’a malheureusement pas l’heur de plaire à un seigneur vendéen, précieux mais versatile allié politique. Porté par le groupe allemand WPD, ce projet est pourtant synonyme de travail pour nombre d’entreprises hexagonales. Décriées sur la terre ferme parce qu’elle défigureraient le paysage — alors qu’une ravissante centrale… —, les éoliennes ne semblent pas devoir être davantage acceptées en pleine mer…
Le solaire est également dans le collimateur des pouvoirs publics. Pour quels motifs ? Parce qu’une honteuse spéculation se serait emparée du marché. Et pas question pour l’Etat d’aider financièrement ces spéculateurs.
On aimerait une attitude aussi ferme et déterminée pour mettre un terme à une autre spéculation, immobilière celle-là, en supprimant par exemple tous les dispositifs de défiscalisation qui participent depuis dix années à la montée  – avant l’effondrement  – des prix. L’autre raison pour justifier le coup de frein sur les projets solaires est la progression trop forte du marché. On croit rêver. Après avoir promu le développement des énergies nouvelles, notamment lors du Grenelle de l’environnement, il s’agit à présent de tout arrêter, parce que le développement va trop vite.
Et en effet, parties pratiquement de zéro, des filières industrielles se structurent dans le solaire et l’éolien, de nouveaux acteurs apparaissent, des emplois sont créés, qui remplacent ceux des anciennes industries parties se réfugier ailleurs, où le travail humain ne coûte rien. On a la très désagréable impression que l’engagement « vert » des autorités ne vaut que s’il ne coûte rien, que s’il est populaire. En revanche, s’il s’agit de mettre la main au portefeuille… Et puis il faut garder un peu de monnaie pour l’EPR de Flamanville ou les mauvaises affaires d’EDF, aux Etats-Unis notamment. Pas de temps ni d’argent à perdre avec des moulins à vent…
Reste le choix, pour les particuliers, de s’équiper eux-mêmes pour diminuer leur dépendance vis-à-vis d’EDF et des augmentations répétées de ses tarifs. En marge des industriels comme Tenesol ou Photowatt, de petites entreprises, telles qu’HelioFrance, Sillia ou FranceWatts, fabriquent dans l’Hexagone des panneaux solaires pour les particuliers. Là comme ailleurs, mieux vaut agir soi-même que d’attendre son salut de pouvoirs supérieurs. Qui en général ne s’en soucient guère.