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Plusieurs fléaux empoisonnent la vie des citadins : la promiscuité parfois, la pollution souvent, le niveau des loyers encore plus souvent, le bruit toujours. En dehors des voisins indélicats, qu’est-ce qui fait du bruit en ville ? Les voitures bien sûr, surtout si l’on vit le long d’un grand axe routier. Les coups de klaxon intempestifs des excités de tout poil. Les sirène hurlantes des voitures de police, qui à chaque stridulation nous transportent désormais dans les rues de New York ou de Los Angeles. Et puis il y a aussi les véhicules municipaux — éboueurs et nettoyage — et les deux-roues à moteur.
Deux entreprises françaises viennent de mettre au point des technologies qui permettront, à l’avenir, de ménager les oreilles des pauvres rats des villes. Le premier est Faun Environnement, un fabricant de bennes implanté en Ardèche. Cette filiale française du groupe allemand Kirchhoff a en effet développé une benne à ordures qui permet, à la fois, de consommer moins de carburant, donc de moins polluer, et d’être beaucoup plus silencieuse. Avec le nouveau système, baptisé CIN-Energie — l’énergie cinétique produite lors des freinages du véhicule est récupérée pour être ensuite réutilisée —, il est possible de faire tourner le moteur au ralenti pendant les phases de collecte. Toutes celles et ceux qui subissent les vrombissements des « camions poubelles » lors des tournées matinales de ramassage, entre 6 h 00 et 7 h 00 y compris le week-end, apprécieront. A commencer par les agents d’entretien, opérateurs desdits engins*…
Plus petits, plus légers, tout aussi pétaradants mais beaucoup moins utiles, les scooters participent également grandement aux nuisances sonores. Ils sont même globalement beaucoup plus bruyants que les automobiles ; seuls les camions et les camionnettes tiennent la comparaison en termes de décibels. Présentés initialement comme le remède à la pollution et à la congestion des rues, les deux-roues à moteur sont aujourd’hui devenus des poisons urbains. Zigzaguant à tout-va dans la circulation, fonçant dans les voies réservées aux vélos, squattant les emplacements de parking des deux-roues, envahissant les trottoirs, les scooters nous cassent aussi les oreilles. Inutile de dénoncer les pots de détente — et leurs fabricants — qui équipent les pétrolettes des adolescents, car les deux-roues non trafiqués, 50 ou 125 cm3, deux ou quatre temps, sont eux aussi terriblement casse-pieds. Il suffit de vivre à proximité d’un marchand de pizzas et des va-et-vient incessants de ses livreurs pour maudire à jamais ce type de véhicules.
Avec son nouveau scooter électrique made in France, le eVivacity, Peugeot propose le silence absolu. Malheureusement, il est impératif de disposer d’une borne de recharge à proximité de son domicile, ou d’un garage équipé d’une prise électrique. Ce qui en ville est plutôt rare. Solution intermédiaire, le tout nouveau Citystar, lui aussi fabriqué à Mandeure, est équipé d’un tout nouveau moteur thermique. Plus performant, moins gourmand en carburant, il est censé émettre 3 db de moins que les autres « moulins » Peugeot, particulièrement sonores il est vrai (au même titre d’ailleurs que les Piaggio). Cela signifie tout de même deux fois moins de bruit.
Alors qui sait ? Peut-être pourrons-nous demain laisser nos fenêtres ouvertes, histoire de profiter de la fraîcheur du petit matin ou de celle du début de soirée.

* Des engins 100 % électriques, fabriqués par PVI notamment, sont déjà en exploitation.