Que les nouveaux convertis soient toujours les plus zélés n’est pas une nouveauté. Mais il est toujours étonnant constater à quel point. Ainsi les dirigeants de France Télécom, qui à coup de mutations, de changements d’attributions et de métiers, puis à nouveau de mutations et enfin de licenciements, ont fait d’une entreprise publique où l’on faisait carrière une multinationale où les employés n’ont parfois d’autre issue que le suicide.
L’autre moitié des ex-PTT accueille désormais ses clients dans bureaux transformés boutiques, au sein desquelles des postiers égarés parmi des automates en tout genre ont pour mission de vendre ce que les cadors du marketing leur ont enjoint de refourguer. Et que dire de Dexia ? Les responsables de l’ex Crédit local de France se sont tellement pris pour les rois de la finance qu’ils ont fini par couler leur entreprise. Et par endetter durablement des centaines de collectivités locales…
Passons à Air France : que peuvent bien faire de leur journée les techniciens de maintenance de la compagnie aérienne, alors que l’entretien lourd de certains appareils a été délocalisé en Chine ? Où visiblement les rivets de fixation ont la fâcheuse tendance à disparaître
Quant à Renault, elle produit désormais moins de 20 % de ses voitures sur son territoire d’origine. Et cela ne risque pas de changer avec le modèle low-cost adopté par l’ex régie nationale — youpi ! bientôt une voiture à 2 500 fabriquée en Inde !
Dans chacune de ces entreprises, l’Etat français est toujours le principal actionnaire.
Soyons juste : PSA, entreprise 100 % privée qui produit en France beaucoup plus de véhicules que Renault, entend lui aussi réduire la voilure dans l’Hexagone. Crise oblige, forcément. Dernière nouvelle annoncée : la fermeture du site de Dannemarie, qui fabrique des moteurs des scooters. Et que les salariés de cette usine ne comptent surtout pas sur La Poste pour passer la crise : les postiers circuleront demain sur des deux-roues fournis par les Taïwanais Kymco. Manquerait plus que l’on se serre les coudes…
Finalement, en ces temps troublés, peut-être est-il préférable de travailler pour une vraie société privée, dans lequel l’Etat français n’a aucune participation, de préférence d’origine étrangère.
Toyota, qui vient de fêter l’assemblage de sa 2 millionième Yaris sur son site de Valenciennes, prévoie d’embaucher 800 CDD pour faire face au succès de la Yaris III. L’entreprise japonaise va également commercialiser courant 2012 la version hybride de ce modèle, qui sera elle aussi fabriquée en France. Enfin Smart, qui projette d’agrandir sa Smartville, s’apprête à commercialiser la version électrique et made in France de sa petite deux-places.
Il est visiblement possible, voire économiquement rentable, d’investir et de produire de petits modèles dans l’Hexagone. Il faudrait tout de même que quelqu’un se charge d’en informer nos champions nationaux.