Mise à jour septembre 2013 : Delphine a fermé son atelier-boutique et semble avoir cessé son activité

C’est à Nantes que Delphine Szakonyi a ouvert sa boutique il y a un an. C’est à Nantes qu’elle fabrique l’intégralité de ses produits, puisque derrière sa boutique se cache son atelier.
Styliste vêtement de formation, elle a découvert le cuir chez un bourrelier, puis a appris à le travailler sur le terrain, petit à petit… D’ailleurs, Delphine Szakonyi ne se considère pas comme une maroquinière, mais plutôt comme une créatrice.
La marque, qui porte son nom, a été déposée en 2009 et depuis trois ans, elle évolue, fait son chemin — elle est aujourd’hui membre des Ateliers d’Art de France —, trouve sa clientèle. « Nous sommes installés dans un quartier plutôt réceptif à notre démarche, qui allie travail artisanal, créativité et production locale. Nous comptons également sur Internet pour être “visibles” et pour commercialiser nos produits. » Cette vitrine virtuelle, c’est Bruno Alause, l’associé de la créatrice, qui en est responsable. Et cette visibilité est essentielle, car les produits fabriqués en France ont beaucoup de mal à trouver leur place dans les boutiques qui colonisent nos centres-villes.

Si tout se passe comme prévu, Delphine Szakonyi envisage de confier la fabrication à un ou plusieurs ateliers. Histoire de se consacrer à la création et d’élargir son offre, limitée actuellement par des contraintes techniques — impossible de fabriquer des portefeuilles par exemple. « Sous-traiter oui, mais à de petites entreprises locales, car il est hors de question de délocaliser la production. Le made in France est pour nous une condition sine qua non. Nous devons préserver notre patrimoine, faire vivre nos savoir-faire et vendre au juste prix. » Mais pour une petite entreprise, trouver des partenaires est difficile : « Il faut s’entendre sur le nombre de pièces à produire, car un atelier à des impératifs de production et de rentabilité à respecter. C’est la même chose pour l’achat du cuir : il faut souvent acheter des quantités minimales, parfois trop importantes pour de petites structures comme la nôtre. » En outre, le marché des peaux brutes est comme celui des autres matières premières : un marché mondial sur lequel la Chine préempte des quantités de plus en plus importantes. Résultat, les prix augmentent — + 50% au cours des derniers mois —, et il est difficile pour les « petits » de trouver leur bonheur. En France, ce sont les maisons de luxe qui s’emparent de la majeure partie de la production hexagonale. Du coup, Delphine Sakonyi travaille du cuir d’origine espagnole. « Nous avons décidé de nous fournir exclusivement en peaux tannées avec des produits naturels. Le tannage végétal offre en effet des résultat au moins aussi bons sans recourir aux produits chimiques et aux métaux lourds. »
Créations originales, fabrication locales de qualité et en petites quantités, suppression des intermédiaires, préservation de l’environnement… Un remède au «commerce-de-masse-marketé-standardisé-mondialisé», mal qui sévit partout depuis tant d’années ?

Site Internet de  Dephine Szakonyi, articles de mode en cuir fabriqués en France