Une entreprise qui fabrique pour l’essentiel en France, qui se porte néanmoins fort bien, alors qu’elle opère dans l’un des secteurs les plus exposés à la concurrence à bas coûts, le prêt-à-porter. Une entreprise qui vient en outre d’être confiée à deux de ses cadres. Pour le moins exceptionnel…
Saint James, un des derniers fabricants français de vêtements marins, vient en effet de changer de mains. Et comme en 1990, lorsque les propriétaires de l’entreprise depuis 1950 avaient pris leur retraite, ce sont deux salariés qui prennent le relais. En remplacement de ceux qui la dirigeaient depuis vingt-deux ans… La volonté de ces derniers étaient en effet que l’entreprise ne soit pas vendue à un quelconque repreneur, qui se serait empressé de délocaliser la production. Et donc de licencier les 300 salariés pour ne garder que le nom, l’image et l’histoire de l’entreprise…
Saint James fabrique toujours dans la ville qui lui a donné son nom la totalité des pièces en laine, les marinières et autres t-shirts rayés, ainsi qu’une partie des bonnets, des écharpes et de la layette. Elle importe en revanche les autres articles qu’elle commercialise — chemises, pantalons, manteaux, etc. —, qu’elle ne ne sait pas fabriquer.
Réputée pour la qualité et la solidité de ses produits — plus de dix ans après son achat, un pull marin Saint James n’a pas pris une ride ni un « bouloche » —, l’entreprise ne brillait pas jusqu’à présent par l’originalité de son style. Le look Saint James était classique, voire un peu vieillot. Il suffit de visiter une des boutiques de la marque pour s’apercevoir que cela change : les formes et les coloris des vêtements se modernisent, de nouvelles matières apparaissent, les collections s’élargissent… Bref, Saint James avance, évolue et se développe, sans se renier. Elle prouve que produire en France est possible, même dans le textile. A condition que la clientèle soit au rendez-vous et que les dirigeants d’entreprise le veuillent aussi…

 

 

 

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