Le Coq Sportif est de retour à Romilly-sur-Seine, son berceau historique. © Le Coq Sportif

Ils avaient bien failli avoir la peau du volatile ! Entre son rachat par Adidas dans les années 1970, les débuts de la concurrence asiatique, la fermeture de son site de production historique en 1988, puis sa vente à l’Américain Brown Shoe — par Bernard Tapie, alors à la tête d’Adidas —, Le Coq Sportif avait en effet fini par disparaître presque totalement…
Rachetée à la fin des années 1990 par deux investisseurs alsaciens, puis reprise par Robert-Louis Dreyfus et un fonds d’investissement suisse en 2005, la griffe emblématique du vêtement sportif français a malgré tout survécu. Mieux, depuis deux ans, elle a retrouvé l’Hexagone. Certes, le contraste est saisissant entre les deux vidéos mises en ligne sur le site de la marque. Il y a une quarantaine d’années, l’ambiance dans l’entreprise était industrielle, les machines tournaient à plein régime, la main-d’œuvre abondante s’activait. Près d’un demi-siècle plus tard, le travail des « coqs » est devenu créatif, presque artistique ; l’atmosphère est calme, le personnel rare et décontracté. Une autre époque… Pourtant, la montée en puissance du site de Romilly-sur-Seine semble programmée. Après le centre de développement textile mis sur pied en 2010, c’est une petite unité de production que la direction du Coq Sportif a bâti deux années plus tard. L’objectif est d’y fabriquer des articles de « sport performance », des vêtements d’image. Dans l’Aube, l’entreprise a déjà recruté une trentaine de personnes (elles étaient 500 au début des années 1970). Et pourquoi pas produire demain une collection haut de gamme made in France, comme semblent vouloir le faire plusieurs autres entreprises hexagonales — PSA avec la gamme DS, Renault avec Alpine, Lejaby avec Maison Lejaby, etc. —, en marge de leur production de masse délocalisée ? La capacité de production du site de Romilly-sur-Seine est de 75 000 pièce par an, alors que l’entreprise en sous-traite plus de 1 million. L’ampleur de cette relocalisation industrielle est donc à relativiser… Pour autant, Le Coq Sportif se démarque de ses grands concurrents Adidas, Nike ou Puma, qui fabriquent exclusivement en Asie (Chine, Viet-Nam, Thaïlande, Indonésie…). Dessinés à Paris, « prototypés » à Romilly-sur-Seine, les produits qui arborent le fier coq sont en effet pour l’essentiel made in Europe. En effet, la majeure partie des baskets Le Coq Sportif et des survêtements et autres sweats à capuche Le Coq Sportif sont fabriqués au Portugal*. Et ils ne sont pas commercialisés plus chers que ceux de la concurrence…
Le partenariat signé avec le Tour de France en 1951 avait largement contribué au « décollage » et au succès du Coq Sportif. Evincée de la Grande Boucle par Nike en 1995, c’est à nouveau l’entreprise française qui a fourni les maillots jaunes, verts, blancs et à pois de l’épreuve lors de l’édition 2012. Le signe d’un nouveau départ ?

 * Attention cependant : certains produits, notamment les chaussures les moins chères, sont importés d’Asie. Toujours bien vérifier les étiquettes…

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