Montres française et patits prix

Aujourd’hui, qui dit montre dit luxe, noms prestigieux et zéros alignés. Même sur La Fabrique hexagonale, lorsque l’on parle horlogerie made in France, on évoque immanquablement des modèles de chez BRM, Péquignet ou E.Leroy, vendus très cher. Trop cher pour la très grande majorités des acheteurs.
Mais qu’en est-il de la montre pas chère et française ? Si l’on visite quelque site Internet spécialisé dans la vente de montres en ligne, on remarque pourtant des modèles de marques comme Certus, Go ou Hector H, qui appartiennent toutes trois à SMB. Vendues quelques dizaines d’euros seulement, elles sont bien évidemment fabriquées en Asie. Elles sont en revanche dessinées, conçues, mais aussi réparées à Besançon, où SMB emploie quelque 150 personnes. Car même si l’on achète un produit bon marché, on apprécie de pouvoir le faire réparer si nécessaire.
Pierre Lannier commercialise également ses créations sur des sites grand public de vente en ligne. L’entreprise alsacienne fabrique encore elle-même la totalité de ses modèles, mais pour 75 % à Madagascar, à partir de composants suisses, chinois ou Japonais. Les 25 % restants — les modèles les plus chers…— sont toujours assemblés en Alsace. A noter que 80 % des mouvements emboîtés par Pierre Lannier sont fournis par le Suisse Ronda. Pour ce qui est de la montre homme, il y a aussi la marque Beuchat spécialiste de la plongée, ou encore Yema, dont certaines pièces sont fabriquées en France.
Quant à Yonger & Bresson, qui fait partie de la même entreprise que Yema — le groupe Ambre —, elle essaie depuis plusieurs années de monter en gamme et de se débarrasser de l’image un tantinet ringarde véhiculée notamment par les publicités télévisées des années 1980. Proposées entre 250 et 600 euros, les montres Yonger & Bresson sont positionnées « haut de gamme abordable », voire « luxe accessible ». Certaines créations s’inspirent d’ailleurs clairement de marques plus cotées, la Xtrem R par exemple, de Bell & Ross en l’occurrence. Pour asseoir ce nouveau positionnement, Ambre a développé son propre mouvement — également utilisé sur les Yema mécaniques —, mis au point et assemblé dans le Doubs. Les puristes objecteront que ce mouvement Ambre est fabriqué à partir de pièces asiatiques. C’est vrai. Mais si ce n’était pas le cas, ces montres automatiques fabriquées en France et garanties cinq ans seraient probablement facturées deux, cinq ou dix fois plus cher. Encore une histoire de beurre et d’argent du beurre…
Produire en France tout en restant abordable est en tout cas méritoire. Et comme en plus certaines Yonger & Bresson sont très réussies…

Yonger & Bresson XTREM, made in France

 

 

 

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