L’année 2014 marquera la fin du lave-linge made in France, ou presque. A cette date en effet, les dernières machines à laver Brandt, Vedette ou Fagor* quitteront Lyon pour la Pologne. C’est également le moment choisi par Electrolux pour transférer la production de Revin, dans les Ardennes, vers la Pologne là aussi. Une fois n’est pas coutume cependant, ces délocalisations ne sont pas synonymes de fermetures d’usines. A Lyon, l’assemblage de petits véhicules utilitaires électriques — qui arborent la nouvelle marque Brandt Motors — remplace en effet progressivement, depuis 2012, les productions historiques. A Revin, en lieu et place des lave-linge Electrolux, seront fabriqués des moteurs électriques. C’est en effet Selni (la Société électromécanique du Nivernais) qui devrait reprendre le site industriel, ce qui permettra de préserver 230 emplois sur 391. Du coup, le transfert en Pologne se fera par étapes, selon la montée en puissance de Selni, pour s’achever en 2016. Un heureux dénouement puisque Electrolux avait décidé de purement et simplement fermer l’usine dès 2014. Ironie du sort : Selni est une ancienne entité du groupe Thomson-Brandt, reprise en 2009 par deux cadres, après deux faillites successives. Aujourd’hui, la PME bourguignonne va très bien : la mise au point récente de moteurs particulièrement sobres en eau et en électricité lui a ainsi permis de séduire de nouveaux clients comme le Slovène Gorenje, le Turc Vestel et, donc, le Suédois Electrolux.

Si le projet de reprise se confirme, la nouvelle usine de Selni de Revin fabriquera à terme 2,3 millions de moteurs à Revin, notamment ceux des lave-linge Electrolux commercialisés en Europe. Dans ce très proche avenir, l’Hexagone ne fabriquera plus de lave-linge, contrairement à L’Allemagne, à l’Italie ou à l’Espagne… Selni quant à elle n’entend pas se cantonner à ce secteur d’activité et souhaite se diversifier dans l’automobile et l’éolien. Deux domaines prometteurs pour les concepteurs et fabricants de moteurs électriques.

 * Les modèles à chargement par le dessus et de grandes capacités (8 kg) sont toujours fabriqués à La Roche-sur-Yon, en Vendée. Mais pour combien de temps encore ?

banner