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Dans la troisième édition de son Top 100 Global Innovators, l’agence de presse et société d’édition nord-américaine Thomson-Reuters classe 12 entreprises et institutions scientifiques françaises*. Ce qui fait de l’Hexagone le pays hébergeant le troisième plus gros contingent « d’innovateurs », certes loin derrière les 45 des Etats-Unis et les 28 du Japon, mais assez loin devant les 4 de la Suisse et les 3 de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Et ce résultat aurait même pu être meilleur encore si les auteurs de l’étude n’avaient pas considéré ST Micro comme suisse (seul le siège social se trouve près de Genève), mais comme une entreprise mi-française mi-italienne. Mais puisque d’un autre côté ils ont considéré Alcatel-Lucent (à moitié américaine) et EADS (européenne) comme des entreprises françaises…
La particularité de cette recension est de tenir compte des innovations selon quatre paramètres : le volume d’abord, soit le nombre de brevets déposés ; le taux de succès ensuite, autrement dit les brevets validés ; la portée internationale des brevets et, enfin, leur influence, c’est-à-dire le nombre de fois où un brevet d’origine est cité par d’autres demandeurs. Cette priorité donnée à l’utilité et aux retombées réelles des brevets déposés explique que les entreprises qui déposent à tout-va, sans donner de suite concrète à ces dépôts, ne soient pas prises en compte par Thomson Reuters. Cela explique aussi semble-t-il l’absence des Chinois dans ce palmarès.
Au total, la France réunit à elle seule plus de la moitié des entreprises européennes distinguées (22 au total). Pas mal un pays qui, selon la légende, met tout en œuvre pour punir et chasser les entreprises. Beaucoup mieux en tout cas que la Grande-Bretagne — qui au contraire offrirait les conditions idéales pour leur permettre d’innover, d’investir et de se développer —, dont aucun représentant n’a été retenu par Thomson Reuters. Malheureusement, il semble que l’innovation ne soit pas synonyme de créations d’emplois, bien au contraire. Pour preuve Alcatel-Lucent qui, malgré tous ses brevets, s’apprête à supprimer 15 000 emplois — mais en créerait 5 000 nouveaux —, dont 900 dans l’Hexagone. Ou encore Siemens, qui a elle aussi annoncé la suppression de 15 000 postes, dont 5000 Outre-Rhin.

 * Alcatel-Lucent, Arkema, CNRS, CEA, EADS, IFP Energies nouvelles, L’Oréal, Michelin, Safran, Saint-Gobain, Thales, Valeo.

 

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