© The Economist

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L’article de Newsweek intitulé The Fall of France, n’est qu’un énième épisode de la campagne de dénigrement permanent menée par la presse anglo-saxonne contre l’Hexagone. Combien de Une et d’articles ont-ils été consacrés par les medias américains et anglais à la « chute de la France », « à l’immobilisme français », à « la crise française », au « dénie français », au « racisme français », à « la fainéantise française », au « déclin français », etc., ? Mais pourquoi donc les journalistes de ces deux pays se sentent-ils obligés de donner leur avis sur les réformes qu’il conviendrait de mener en France, sur les travers légendaires et répétés à l’envi de cet Hexagone prétentieux, sur son brillant passé et son insignifiant présent ? Etonnant cet intérêt porté à un ridicule petit pays dépassé, ravagé par un socialisme brutal, écrasé par la puissance allemande, oublié du monde entier. Depuis le temps que la France tombe, ne devrait-elle pas être aux oubliettes depuis longtemps ? Et depuis que, à l’opposé, la Grande-Bretagne est repartie de l’avant, n’aurait-elle pas dû, depuis longtemps elle aussi, dépasser l’Hexagone. Selon la doxa anglo-saxonne, la France supporterait très mal sa perte d’influence et regretterait amèrement l’heure bénie de la colonisation. Comme si les Britanniques ne pleuraient pas eux aussi puissance passée, lorsque le soleil ne se couchait jamais sur son empire. Comme s’ils vivaient parfaitement bien leur dépassement par le cousin américain, par la Chine, par le Japon, par l’Allemagne, par la France et, selon les années, par le Brésil ? Mais cela va heureusement changer : une récente étude menée par le Centre for Economics and Business Research (CEBR), la Grande-Bretagne dépassera la France en 2018, l’Allemagne étant à son tour dévorée par des Grands-Bretons conquérants en 2030.

Autosatisfaction

Cela semble être une habitude bien ancrée chez nos voisins d’outre-Manche et leurs cousins d’outre-Atlantique : se décerner soi-même des bons points, se dresser des lauriers tout en promettant un avenir des plus sombres à leurs petits camarades, surtout s’ils sont français. Dans le même temps, les Français se délectent à s’auto-dénigrer… Mais ne dit-on pas qu’un pessimistes — un Français donc — est un optimiste bien informé ? Malgré toutes ces prévisions apocalyptiques, que nombre de Français s’empressent de relayer parce que les injonctions venues de Londres ou de New York correspondent à leurs propres intérêts, malgré tout cela donc, l’Hexagone tient son rang et attire toujours investissements, entreprises, étudiants, réfugiés et touristes étrangers. D’ailleurs, les Etats-Unis ne demeurent-ils pas les premiers investisseurs en France ? Selon Sénèque, philosophe stoïcien grec, « Tu ne seras jamais heureux tant que tu seras torturé par un plus heureux ». Avec leur fâcheuse habitude à comparer, à noter, à classer, les Anglo-Saxons se doivent d’apparaître meilleurs que les autres pour être heureux. Alors laissons-les s’amuser ainsi et ne prêtons pas attention à leur passe-temps favori. Après tout, tant que la France reste leur cible privilégiée, cela signifie qu’elle demeure à leurs yeux un modèle enviable qu’il convient d’abattre à tout prix. Pour leur propre bien-être, simplement.

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