Chaussures hommes Louis Vuitton, made in Italy

Richelieu Louis Vuitton, fabriqué en Italie. © Louis Vuitton

Le France, pays de la mode et du luxe ? En termes de grands groupes, de noms prestigieux et d’histoire, sans doute. Mais pour le reste…
Certes la maroquinerie de luxe est toujours vivante dans l’Hexagone, grâce à Louis-Vuitton, à Hermès et à quelques petites marques et ateliers indépendants. Exception faite de JM Weston, les chaussures viennent quant à elles d’Italie, parfois d’Angleterre. LVMH a d’ailleurs bâti une usine en Toscane pour y produire ses souliers, tandis qu’Hermès est propriétaire de l’Anglais John Lobb. Côté féminin, les désormais célèbres Louboutin sont elles aussi made in Italie, comme les escarpins Roger Vivier… Même constat pour le prêt-à-porter : Dior, Yves-Saint-Laurent, Louis Vuitton, Chanel et Hermès et les autres* se fournissent de l’autre côté des Alpes. Et lorsque quelques chemises, manteaux ou costumes sont fabriqués en France, ils le sont généralement dans des tissus italiens ou anglais. Dans l’Hexagone, il ne reste quasiment rien. Comment le textile, l’habillement ou la chaussure ont-ils pu être ainsi rayés de la carte en France alors qu’en Italie ils fournissent les marques de luxe du monde entier ?

Emplettes en Italie
Les deux géants français LVMH et Kering ne s’y trompent d’ailleurs pas, qui depuis plusieurs années font leurs emplettes en Italie. Gucci, Pucci, Sergio Rossi, Brioni, Bulgari, Fendi, Bottega Veneta et d’autres encore appartiennent désormais à l’un ou à l’autre des groupes tricolores. Il suffit de flâner rue Saint-Honoré à Paris pour constater que les boutiques italiennes sont, au moins, aussi nombreuses que les françaises. Et qui dit marques italiennes dit fabrication italienne. Chez Brioni par exemple, tous les produits commercialisés — t-shirts, polos, chemises, pulls, accessoires, manteaux, chaussures, etc. — sont made in Italy. Combien de produits made in France au catalogue d’un concurrent tricolore ?
Alors que le Français Alain Bompard surfe sur l’engouement pour le cachemire et vend fort cher des pulls ou des écharpes made in China, l’Italien Loro Piana, racheté par LVMH en 2013, vend des cachemires fabriqués dans ses propres ateliers italiens — bien plus cher encore, il est vrai —, tandis que Barrie Knitwear, acquis par Chanel en 2012, fabrique les siens en Ecosse.
Dans leur immense majorité, le luxe français est donc italien, parfois britannique, toujours suisse lorsqu’il s’agit d’horlogerie. En marge des sacs Louis Vuitton, Hermès ou Chanel, il ne subsiste que quelques stylos et briquets Dupont, des foulards de soie, des lunettes Cartier ou Bonnet, des bijoux. Et pour la patrie du luxe, de l’élégance et de la mode, c’est finalement bien peu.

* Une exception cependant : Balmain fait encore une petite place aux vêtements made in France.

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