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© Wattway

Ce sont donc les automobilistes du Perche qui auront le privilège de rouler les premiers sur une route solaire. C’est en effet à Tourouvre que les travaux ont débuté le 10 octobre dernier, travaux dont l’objectif est de construire un kilomètre de route photovoltaïque. Il s’agit donc de la première mise en œuvre à grande échelle et sur voie publique de Wattway, le revêtement photovoltaïque développé par Colas et par l’Ines, l’Institut national de l’énergie solaire (CEA). Pourquoi avoir choisi Tourouvre ? Parce que c’est dans cette ville que sont fabriqués aujourd’hui les panneaux solaires Wattway, par la SNA. La route sélectionnée bénéficie en outre d’un bon ensoleillement, elle n’est pas ombragée et la circulation y est modérée. Idéale par conséquent pour une première expérimentation grandeur nature. Selon l’Ademe, un kilomètre de route photovoltaïque doit permettre de pourvoir à l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants en électricité, c’est-à-dire beaucoup plus que Tourouvre, qui en compte moins de 2 000. A échelle humaine, 20 m2 de dalles suffisent à fournir l’électricité dont a besoin un foyer moyen…
Produits en petites quantités, les panneaux photovoltaïques Wattway sont encore très chers, ce qui bien rend ce tronçon de route fort coûteux (5 000 euros le mètre de route). Cela d’autant qu’en plus qu’au coût de ces panneaux s’ajoutent ceux de la résine transparente qui les recouvre, des divers équipements électriques grâce auxquels la route est reliée aux réseau, etc. Rendue à la circulation mi-décembre prochain — les automobilistes ne devraient pas ressentir de différence, ou presque —, la route solaire devrait être en théorie opérationnelle pendant quinze ans. A cet horizon pas si lointain, on saura probablement si, oui ou non, la route solaire était un des moyens d’assurer l’indépendance énergétique de l’Hexagone. Ou à défaut si elle a permis de produire abondamment de l’électricité autrement que par les traditionnelles centrales, au gaz ou à l’uranium. Entre-temps en effet, l’Hexagone aura multiplié les expérimentations — qui à terme n’en seront plus —, l’actuel gouvernement s’étant engagé à ce que 1 000 kilomètres de route photovoltaïques soient déroulés d’ici à 2020.

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