Share

© Les Echos/Eurostat

Et si demain la France parvenait, elle aussi, à faire baisser son taux de chômage ? Ça serait une sacrée bonne nouvelle ! Pour autant, cela signifierait-il nécessairement que les ex-chômeurs amélioreraient leur sort une fois au travail ? Ces nouveaux travailleurs français connaîtraient-ils alors le sort de leurs homologues suédois ou plutôt ceux des Roumains, des Allemands ou des Britanniques ? En d’autres termes, sortiraient de la précarité comme les premiers ou y demeureraient-ils en dépit de leur emploi, comme tous les autres ?
Reprise par Les Echos, la récente étude d’Eurostat comparant les taux de travailleurs pauvres dans les différents pays de l’Union européenne est en effet édifiante.

Que ce taux soit particulièrement élevé à l’est de l’Europe, en Lettonie (25,5%) et en Roumanie (24,4%) notamment, personne ne s’en étonnera outre-mesure. Mais qu’il le soit aussi en Allemagne (22,5%), en Irlande (21,6 %), au Royaume-Uni (21,3%) ou encore aux Pays-Bas (18,5%) est beaucoup problématique, ces pays figurant pour beaucoup de décideurs français des modèles à imiter. Les contrats de travail « 0 heure » à l’anglaise ou « 1 euro » à l’allemande, on ne peut plus exemplaires en termes de flexibilité, permettraient en effet de faire revenir sur le marché du travail tous ceux qui en sont depuis trop longtemps exclus. Sans doute grâce à ces contrats jetables trouve-t-on plus facilement un emploi, mais dans quelles conditions ? Pour quel salaire ?

Mauvais élèves de la classe européenne, l’Espagne, l’Italie et l’Hexagone présentent quant à eux des taux de travailleurs pauvres de respectivement 14,6 %, 9,4 % et 8,8 %, tandis qu’ils affichent des taux de chômage parmi les plus élevés. En Suède, où les inégalités salariales sont parmi les plus faibles d’Europe et où le niveau chômage est intermédiaire (7-8 %), ce taux n’est que de 2,6 %. Ni le chômage de masse ni la pauvreté au travail ne sont donc des fatalités. Dommage que ce ne soit pas du côté de Stockholm, mais de Londres ou de Berlin que responsables politique et économistes français cherchent l’inspiration.

En remettant au travail des centaines de milliers d’hommes et de femmes, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont trouvé un moyen de générer de la richesse supplémentaire, alors qu’en France les chômeurs ne rapportent rien, mais coûtent beaucoup. Mais à qui profite cette nouvelle richesse ainsi créée ? Visiblement pas à ces femmes ni à ces hommes, qui avec ou sans emploi restent toujours aussi pauvres.

.

asyaliporno.net tecavuzpornolar.com ucretsizmobilporno.com liselipornolar.org izlemobilporno.org
banner