La start-up Eel Technology a mis au point un moyen de produire de l'énergie grâce à l'ondulation de la mer et des cours d'eau.
© Eel Technology

En anglais, eel signifie anguille. Eel est aussi le nom d’un petit concepteur français d’hydroliennes qui, bien entendu, n’a pas choisi ce nom par hasard. L’invention de Eel Energy est en effet une hydrolienne d’un genre nouveau, a mille lieues des traditionnelles turbines à hélices. Une fois immergée, elle ondule lentement, régulièrement, imitant en cela le mouvement du poisson qui lui a donné son nom. Aussi paisible soit-il, ce mouvement n’en est pas moins d’une redoutable efficacité, grâce notamment à sa régularité. Ce « tapis ondulant » bardé de capteurs est en effet capable de produire de l’énergie une vingtaine d’heure par jour, et cela dans de fables courants de seulement 1 m/s. Pour mémoire, ces courants doivent être d’au moins 4 à 5 m/s pour qu’une hydrolienne traditionnelle soit efficace, ce qui limite considérablement les possibilités de déploiement. Résultat : les zones d’implantation de « l’anguille » en pleine mer, mais aussi le long des côtes à faible profondeur et dans les fleuves sont potentiellement 100 à 1 000 fois plus nombreuses. En outre, le mouvement doux et régulier de la membrane en caoutchouc de Eel Technology est inoffensive pour la faune marine, contrairement aux hélices.
Un prototype de cette invention sera installé en rade de Brest en mai prochain. Si les résultats sont positifs, l’entreprise prévoit de fabriquer une machine d’une puissance potentielle de 30 kW*, qui sera testée en fleuve, puis en mer. Eel Technolgy espère pouvoir industrialiser son hydrolienne dès 2020. Cela permettra de faire baisser le coût du MW/h, encore très supérieur à ceux du solaire et de l’éolien.

* Un premier prototype, de taille modeste, est parvenu à produire 4 kW, soit la consommation électrique d’une dizaine de foyers.